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        <title>Un jour, un poème</title>
        <link>https://podcasts.360.audion.fm/en/un-jour-un-poeme</link>
        <description><![CDATA[<p>Le premier podcast quotidien de poésie. Du classique au moderne, du connu au méconnu, un poème  chaque jour pour commencer la journée.</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
        <language>fr</language>
        <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 02:30:24 GMT</pubDate>
        <lastBuildDate>Thu, 28 Mar 2024 13:39:32 GMT</lastBuildDate>
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            <title>Un jour, un poème</title>
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        <itunes:category text="Arts"/>
        <itunes:author>Prisma Media</itunes:author>
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            <itunes:name>Prisma Media</itunes:name>
            <itunes:email>gserfaty@prismamedia.com</itunes:email>
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            <title>"A une passante", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"A une passante", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 28 Mar 2023 04:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Corentin lit le poème de Charles Baudelaire, "A une passante"</p><p><br></p><p>"La rue assourdissante autour de moi hurlait.</p><p>Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,</p><p>Une femme passa, d'une main fastueuse</p><p>Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;</p><p><br></p><p>Agile et noble, avec sa jambe de statue.</p><p>Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,</p><p>Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,</p><p>La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.</p><p><br></p><p>Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté</p><p>Dont le regard m'a fait soudainement renaître,</p><p>Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?</p><p><br></p><p>Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !</p><p>Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,</p><p>Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Corentin lit le poème de Charles Baudelaire, "A une passante"</p><p><br></p><p>"La rue assourdissante autour de moi hurlait.</p><p>Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,</p><p>Une femme passa, d'une main fastueuse</p><p>Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;</p><p><br></p><p>Agile et noble, avec sa jambe de statue.</p><p>Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,</p><p>Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,</p><p>La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.</p><p><br></p><p>Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté</p><p>Dont le regard m'a fait soudainement renaître,</p><p>Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?</p><p><br></p><p>Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !</p><p>Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,</p><p>Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Absence", de Renée Vivien</title>
            <itunes:title>"Absence", de Renée Vivien</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 27 Mar 2023 04:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne lit le poème de Renée Vivien, "Absence"</p><p><br></p><p>"Ô Femme au cœur de qui mon triste cœur a cru,</p><p>Je te convoite, ainsi qu’un trésor disparu.</p><p><br></p><p>Je te maudis, mais en t’aimant… Mon cœur bizarre</p><p>Te recherche, Émeraude admirablement rare&nbsp;!</p><p><br></p><p>Que je suis exilée&nbsp;! Et que pèse le temps,</p><p>Malgré le beau soleil des midis éclatants&nbsp;!</p><p><br></p><p>Retombant chaque soir dans un amer silence,</p><p>Je pleure sur le plus grand des maux&nbsp;: sur l’absence&nbsp;!…"</p><p><br></p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Dans un coin de violettes, 1910</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne lit le poème de Renée Vivien, "Absence"</p><p><br></p><p>"Ô Femme au cœur de qui mon triste cœur a cru,</p><p>Je te convoite, ainsi qu’un trésor disparu.</p><p><br></p><p>Je te maudis, mais en t’aimant… Mon cœur bizarre</p><p>Te recherche, Émeraude admirablement rare&nbsp;!</p><p><br></p><p>Que je suis exilée&nbsp;! Et que pèse le temps,</p><p>Malgré le beau soleil des midis éclatants&nbsp;!</p><p><br></p><p>Retombant chaque soir dans un amer silence,</p><p>Je pleure sur le plus grand des maux&nbsp;: sur l’absence&nbsp;!…"</p><p><br></p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Dans un coin de violettes, 1910</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Luisant soleil", de Louise Labé</title>
            <itunes:title>"Luisant soleil", de Louise Labé</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 24 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Alexiane lit le poème de Louise Labé, "Luisant Soleil"</p><p><br></p><p>"Luisant Soleil, que tu es bienheureux</p><p>De voir toujours de t'Amie la face !</p><p>Et toi, sa soeur, qu'Endymion embrasse,</p><p>Tant te repais de miel amoureux !</p><p><br></p><p>Mars voit Vénus ; Mercure aventureux</p><p>De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ;</p><p>Et Jupiter remarque en mainte place</p><p>Ses premiers ans plus gais et chaleureux.</p><p><br></p><p>Voilà du Ciel la puissante harmonie,</p><p>Qui les esprits divins ensemble lie ;</p><p>Mais, s'ils avaient ce qu'ils aiment lointain,</p><p><br></p><p>Leur harmonie et ordre irrévocable</p><p>Se tournerait en erreur variable,</p><p>Et comme moi travailleraient en vain."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Alexiane lit le poème de Louise Labé, "Luisant Soleil"</p><p><br></p><p>"Luisant Soleil, que tu es bienheureux</p><p>De voir toujours de t'Amie la face !</p><p>Et toi, sa soeur, qu'Endymion embrasse,</p><p>Tant te repais de miel amoureux !</p><p><br></p><p>Mars voit Vénus ; Mercure aventureux</p><p>De Ciel en Ciel, de lieu en lieu se glace ;</p><p>Et Jupiter remarque en mainte place</p><p>Ses premiers ans plus gais et chaleureux.</p><p><br></p><p>Voilà du Ciel la puissante harmonie,</p><p>Qui les esprits divins ensemble lie ;</p><p>Mais, s'ils avaient ce qu'ils aiment lointain,</p><p><br></p><p>Leur harmonie et ordre irrévocable</p><p>Se tournerait en erreur variable,</p><p>Et comme moi travailleraient en vain."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Demain dès l'aube", de Victor Hugo</title>
            <itunes:title>"Demain dès l'aube", de Victor Hugo</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 23 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Sabri récite le poème de Victor Hugo,&nbsp;<em>Demain dès l'aube.</em></p><p><br></p><p>Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,</p><p>Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.</p><p>J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.</p><p>Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.</p><p><br></p><p>Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,</p><p>Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,</p><p>Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,</p><p>Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.</p><p><br></p><p>Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,</p><p>Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,</p><p>Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe</p><p>Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.</p><p><br></p><p>Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Sabri récite le poème de Victor Hugo,&nbsp;<em>Demain dès l'aube.</em></p><p><br></p><p>Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,</p><p>Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.</p><p>J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.</p><p>Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.</p><p><br></p><p>Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,</p><p>Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,</p><p>Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,</p><p>Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.</p><p><br></p><p>Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,</p><p>Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,</p><p>Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe</p><p>Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.</p><p><br></p><p>Victor Hugo, extrait du recueil «Les Contemplations» (1856)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Je vis, je meurs", de Louise Labé</title>
            <itunes:title>"Je vis, je meurs", de Louise Labé</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 22 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Manon lit le poème de Louise Labé, "Je vis, je meurs"</p><p><br></p><p>"Je vis, je meurs&nbsp;; je me brûle et me noie&nbsp;;</p><p>J’ai chaud extrême en endurant froidure&nbsp;:</p><p>La vie m’est et trop molle et trop dure.</p><p>J’ai grands ennuis entremêlés de joie.</p><p><br></p><p>Tout à un coup je ris et je larmoie,</p><p>Et en plaisir maint grief tourment j’endure&nbsp;;</p><p>Mon bien s’en va, et à jamais il dure&nbsp;;</p><p>Tout en un coup je sèche et je verdoie.</p><p><br></p><p>Ainsi Amour inconstamment me mène&nbsp;;</p><p>Et, quand je pense avoir plus de douleur,</p><p>Sans y penser je me trouve hors de peine.</p><p><br></p><p>Puis, quand je crois ma joie être certaine,</p><p>Et être au haut de mon désiré heur,</p><p>Il me remet en mon premier malheur."</p><p><br></p><p>Louise Labé,&nbsp;<em>Sonnets</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Manon lit le poème de Louise Labé, "Je vis, je meurs"</p><p><br></p><p>"Je vis, je meurs&nbsp;; je me brûle et me noie&nbsp;;</p><p>J’ai chaud extrême en endurant froidure&nbsp;:</p><p>La vie m’est et trop molle et trop dure.</p><p>J’ai grands ennuis entremêlés de joie.</p><p><br></p><p>Tout à un coup je ris et je larmoie,</p><p>Et en plaisir maint grief tourment j’endure&nbsp;;</p><p>Mon bien s’en va, et à jamais il dure&nbsp;;</p><p>Tout en un coup je sèche et je verdoie.</p><p><br></p><p>Ainsi Amour inconstamment me mène&nbsp;;</p><p>Et, quand je pense avoir plus de douleur,</p><p>Sans y penser je me trouve hors de peine.</p><p><br></p><p>Puis, quand je crois ma joie être certaine,</p><p>Et être au haut de mon désiré heur,</p><p>Il me remet en mon premier malheur."</p><p><br></p><p>Louise Labé,&nbsp;<em>Sonnets</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L'égalité des sexes", de Paul Eluard</title>
            <itunes:title>"L'égalité des sexes", de Paul Eluard</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 21 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Eluard, "L'Egalité des sexes"</p><p><br></p><p>"Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire</p><p>Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard</p><p>Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,</p><p>Celle des gouttes d’eau, des perles en placards,</p><p><br></p><p>Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue.</p><p>Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir</p><p>Et s’il semble obéir aux puissance du soir</p><p>C’est que ma tête est close, ô statue abattue</p><p><br></p><p>Par mon amour et par mes ruses de sauvage.</p><p>Mon désir immobile est ton dernier soutien</p><p>Et je t’emporte sans bataille, ô mon image,</p><p>Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens."</p><p><br></p><p><em>Mourir de ne pas mourir</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Eluard, "L'Egalité des sexes"</p><p><br></p><p>"Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire</p><p>Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard</p><p>Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres,</p><p>Celle des gouttes d’eau, des perles en placards,</p><p><br></p><p>Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue.</p><p>Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir</p><p>Et s’il semble obéir aux puissance du soir</p><p>C’est que ma tête est close, ô statue abattue</p><p><br></p><p>Par mon amour et par mes ruses de sauvage.</p><p>Mon désir immobile est ton dernier soutien</p><p>Et je t’emporte sans bataille, ô mon image,</p><p>Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens."</p><p><br></p><p><em>Mourir de ne pas mourir</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Ispahan", de Guillaume Apollinaire</title>
            <itunes:title>"Ispahan", de Guillaume Apollinaire</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 20 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Manon lit le poème d'Apollinaire, "Ispahan"</p><p><br></p><p>"Pour tes roses</p><p>J'aurais fait</p><p>Un voyage plus long encore</p><p><br></p><p>Ton soleil n'est pas celui</p><p>Qui luit</p><p>Partout ailleurs</p><p>Et tes musiques qui s'accordent avec l'aube</p><p>Sont désormais pour moi</p><p>La mesure de l'art</p><p>D'après leur souvenir</p><p>Je jugerai</p><p>Mes vers les arts</p><p>Plastiques et toi-même</p><p>Visage adoré</p><p><br></p><p>Ispahan aux musiques du matin</p><p>Réveille l'odeur des roses de ses jardins</p><p><br></p><p>J'ai parfumé mon âme</p><p>A la rose</p><p>Pour ma vie entière</p><p><br></p><p>Ispahan grise et aux faïences bleues</p><p>Comme si l'on t'avait</p><p>Faite avec</p><p>Des morceaux de ciel et de terre</p><p>En laissant au milieu</p><p>Un grand trou de lumière</p><p>Cette</p><p>Place carrée Meïdan</p><p>Schah trop</p><p>Grande pour le trop petit nombre</p><p>De petits ânes trottinant</p><p>Et qui savent si joliment</p><p>Braire en regardant</p><p>La barbe rougie au henné</p><p>Du Soleil qui ressemble</p><p>A ces jeunes marchands barbus</p><p>Abrités sous leur ombrelle blanche</p><p><br></p><p>Je suis ici le frère des peupliers</p><p><br></p><p>Reconnaissez beaux peupliers aux fils d'Europe</p><p>Ô mes frères tremblants qui priez en Asie</p><p><br></p><p>Un passant arqué comme une corne d'antilope</p><p>Phonographe</p><p>Patarafes</p><p>La petite échoppe"</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Manon lit le poème d'Apollinaire, "Ispahan"</p><p><br></p><p>"Pour tes roses</p><p>J'aurais fait</p><p>Un voyage plus long encore</p><p><br></p><p>Ton soleil n'est pas celui</p><p>Qui luit</p><p>Partout ailleurs</p><p>Et tes musiques qui s'accordent avec l'aube</p><p>Sont désormais pour moi</p><p>La mesure de l'art</p><p>D'après leur souvenir</p><p>Je jugerai</p><p>Mes vers les arts</p><p>Plastiques et toi-même</p><p>Visage adoré</p><p><br></p><p>Ispahan aux musiques du matin</p><p>Réveille l'odeur des roses de ses jardins</p><p><br></p><p>J'ai parfumé mon âme</p><p>A la rose</p><p>Pour ma vie entière</p><p><br></p><p>Ispahan grise et aux faïences bleues</p><p>Comme si l'on t'avait</p><p>Faite avec</p><p>Des morceaux de ciel et de terre</p><p>En laissant au milieu</p><p>Un grand trou de lumière</p><p>Cette</p><p>Place carrée Meïdan</p><p>Schah trop</p><p>Grande pour le trop petit nombre</p><p>De petits ânes trottinant</p><p>Et qui savent si joliment</p><p>Braire en regardant</p><p>La barbe rougie au henné</p><p>Du Soleil qui ressemble</p><p>A ces jeunes marchands barbus</p><p>Abrités sous leur ombrelle blanche</p><p><br></p><p>Je suis ici le frère des peupliers</p><p><br></p><p>Reconnaissez beaux peupliers aux fils d'Europe</p><p>Ô mes frères tremblants qui priez en Asie</p><p><br></p><p>Un passant arqué comme une corne d'antilope</p><p>Phonographe</p><p>Patarafes</p><p>La petite échoppe"</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Plus jeune", de Paul Eluard</title>
            <itunes:title>"Le Plus jeune", de Paul Eluard</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 17 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Eluard, "Le plus jeune"</p><p><br></p><p>"Au plafond de la libellule</p><p>Un enfant fou s’est pendu,</p><p>Fixement regarde l’herbe,</p><p>Confiant lève les yeux :</p><p>Le brouillard léger se lèche comme un chat</p><p>Qui se dépouille de ses rêves.</p><p>L’enfant sait que le monde commence à peine :</p><p>Tout est transparent,</p><p>C’est la lune qui est au centre de la terre,</p><p>C’est la verdure qui couvre le ciel</p><p>Et c’est dans les yeux de l’enfant,</p><p>Dans ses yeux sombres et profonds</p><p>Comme les nuits blanches</p><p>Que naît la lumière."</p><p><br></p><p><em>Capitale de la douleur&nbsp;</em>(Gallimard, 1926)</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Eluard, "Le plus jeune"</p><p><br></p><p>"Au plafond de la libellule</p><p>Un enfant fou s’est pendu,</p><p>Fixement regarde l’herbe,</p><p>Confiant lève les yeux :</p><p>Le brouillard léger se lèche comme un chat</p><p>Qui se dépouille de ses rêves.</p><p>L’enfant sait que le monde commence à peine :</p><p>Tout est transparent,</p><p>C’est la lune qui est au centre de la terre,</p><p>C’est la verdure qui couvre le ciel</p><p>Et c’est dans les yeux de l’enfant,</p><p>Dans ses yeux sombres et profonds</p><p>Comme les nuits blanches</p><p>Que naît la lumière."</p><p><br></p><p><em>Capitale de la douleur&nbsp;</em>(Gallimard, 1926)</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Décembre", de François Coppée</title>
            <itunes:title>"Décembre", de François Coppée</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 16 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Philipp lit le poème de François Coppée, "Décembre"</p><p><br></p><p>"Le hibou parmi les décombres</p><p>Hurle, et Décembre va finir&nbsp;;</p><p>Et le douloureux souvenir</p><p>Sur ton coeur jette encor ses ombres.</p><p><br></p><p>Le vol de ces jours que tu nombres,</p><p>L’aurais-tu voulu retenir&nbsp;?</p><p>Combien seront, dans l’avenir,</p><p>Brillants et purs&nbsp;; et combien, sombres&nbsp;?</p><p><br></p><p>Laisse donc les ans s’épuiser.</p><p>Que de larmes pour un baiser,</p><p>Que d’épines pour une rose&nbsp;!</p><p><br></p><p>Le temps qui s’écoule fait bien&nbsp;;</p><p>Et mourir ne doit être rien,</p><p>Puisque vivre est si peu de chose."</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Philipp lit le poème de François Coppée, "Décembre"</p><p><br></p><p>"Le hibou parmi les décombres</p><p>Hurle, et Décembre va finir&nbsp;;</p><p>Et le douloureux souvenir</p><p>Sur ton coeur jette encor ses ombres.</p><p><br></p><p>Le vol de ces jours que tu nombres,</p><p>L’aurais-tu voulu retenir&nbsp;?</p><p>Combien seront, dans l’avenir,</p><p>Brillants et purs&nbsp;; et combien, sombres&nbsp;?</p><p><br></p><p>Laisse donc les ans s’épuiser.</p><p>Que de larmes pour un baiser,</p><p>Que d’épines pour une rose&nbsp;!</p><p><br></p><p>Le temps qui s’écoule fait bien&nbsp;;</p><p>Et mourir ne doit être rien,</p><p>Puisque vivre est si peu de chose."</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Liberté", de Paul Eluard</title>
            <itunes:title>"Liberté", de Paul Eluard</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 15 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Margaux lit le poème de Paul Eluard, "Liberté"</p><p><br></p><p>"Sur mes cahiers d’écolier</p><p>Sur mon pupitre et les arbres</p><p>Sur le sable sur la neige</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur toutes les pages lues</p><p>Sur toutes les pages blanches</p><p>Pierre sang papier ou cendre</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les images dorées</p><p>Sur les armes des guerriers</p><p>Sur la couronne des rois</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la jungle et le désert</p><p>Sur les nids sur les genêts</p><p>Sur l’écho de mon enfance</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les merveilles des nuits</p><p>Sur le pain blanc des journées</p><p>Sur les saisons fiancées</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur tous mes chiffons d’azur</p><p>Sur l’étang soleil moisi</p><p>Sur le lac lune vivante</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les champs sur l’horizon</p><p>Sur les ailes des oiseaux</p><p>Et sur le moulin des ombres</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur chaque bouffée d’aurore</p><p>Sur la mer sur les bateaux</p><p>Sur la montagne démente</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la mousse des nuages</p><p>Sur les sueurs de l’orage</p><p>Sur la pluie épaisse et fade</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les formes scintillantes</p><p>Sur les cloches des couleurs</p><p>Sur la vérité physique</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les sentiers éveillés</p><p>Sur les routes déployées</p><p>Sur les places qui débordent</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la lampe qui s’allume</p><p>Sur la lampe qui s’éteint</p><p>Sur mes maisons réunies</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur le fruit coupé en deux</p><p>Du miroir et de ma chambre</p><p>Sur mon lit coquille vide</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur mon chien gourmand et tendre</p><p>Sur ses oreilles dressées</p><p>Sur sa patte maladroite</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur le tremplin de ma porte</p><p>Sur les objets familiers</p><p>Sur le flot du feu béni</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur toute chair accordée</p><p>Sur le front de mes amis</p><p>Sur chaque main qui se tend</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la vitre des surprises</p><p>Sur les lèvres attentives</p><p>Bien au-dessus du silence</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur mes refuges détruits</p><p>Sur mes phares écroulés</p><p>Sur les murs de mon ennui</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur l’absence sans désir</p><p>Sur la solitude nue</p><p>Sur les marches de la mort</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la santé revenue</p><p>Sur le risque disparu</p><p>Sur l’espoir sans souvenir</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Et par le pouvoir d’un mot</p><p>Je recommence ma vie</p><p>Je suis né pour te connaître</p><p>Pour te nommer</p><p>Liberté."</p><p><br></p><p><em>Poésie et vérité 1942</em>&nbsp;(recueil clandestin)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Margaux lit le poème de Paul Eluard, "Liberté"</p><p><br></p><p>"Sur mes cahiers d’écolier</p><p>Sur mon pupitre et les arbres</p><p>Sur le sable sur la neige</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur toutes les pages lues</p><p>Sur toutes les pages blanches</p><p>Pierre sang papier ou cendre</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les images dorées</p><p>Sur les armes des guerriers</p><p>Sur la couronne des rois</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la jungle et le désert</p><p>Sur les nids sur les genêts</p><p>Sur l’écho de mon enfance</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les merveilles des nuits</p><p>Sur le pain blanc des journées</p><p>Sur les saisons fiancées</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur tous mes chiffons d’azur</p><p>Sur l’étang soleil moisi</p><p>Sur le lac lune vivante</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les champs sur l’horizon</p><p>Sur les ailes des oiseaux</p><p>Et sur le moulin des ombres</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur chaque bouffée d’aurore</p><p>Sur la mer sur les bateaux</p><p>Sur la montagne démente</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la mousse des nuages</p><p>Sur les sueurs de l’orage</p><p>Sur la pluie épaisse et fade</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les formes scintillantes</p><p>Sur les cloches des couleurs</p><p>Sur la vérité physique</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur les sentiers éveillés</p><p>Sur les routes déployées</p><p>Sur les places qui débordent</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la lampe qui s’allume</p><p>Sur la lampe qui s’éteint</p><p>Sur mes maisons réunies</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur le fruit coupé en deux</p><p>Du miroir et de ma chambre</p><p>Sur mon lit coquille vide</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur mon chien gourmand et tendre</p><p>Sur ses oreilles dressées</p><p>Sur sa patte maladroite</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur le tremplin de ma porte</p><p>Sur les objets familiers</p><p>Sur le flot du feu béni</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur toute chair accordée</p><p>Sur le front de mes amis</p><p>Sur chaque main qui se tend</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la vitre des surprises</p><p>Sur les lèvres attentives</p><p>Bien au-dessus du silence</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur mes refuges détruits</p><p>Sur mes phares écroulés</p><p>Sur les murs de mon ennui</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur l’absence sans désir</p><p>Sur la solitude nue</p><p>Sur les marches de la mort</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Sur la santé revenue</p><p>Sur le risque disparu</p><p>Sur l’espoir sans souvenir</p><p>J’écris ton nom</p><p><br></p><p>Et par le pouvoir d’un mot</p><p>Je recommence ma vie</p><p>Je suis né pour te connaître</p><p>Pour te nommer</p><p>Liberté."</p><p><br></p><p><em>Poésie et vérité 1942</em>&nbsp;(recueil clandestin)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Chanson d'automne", de Paul Verlaine</title>
            <itunes:title>"Chanson d'automne", de Paul Verlaine</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 14 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Verlaine, "Chanson d'automne"</p><p><br></p><p>"Les sanglots longs</p><p>Des violons</p><p>De l’automne</p><p>Blessent mon coeur</p><p>D’une langueur</p><p>Monotone.</p><p><br></p><p>Tout suffocant</p><p>Et blême, quand</p><p>Sonne l’heure,</p><p>Je me souviens</p><p>Des jours anciens</p><p>Et je pleure</p><p><br></p><p>Et je m’en vais</p><p>Au vent mauvais</p><p>Qui m’emporte</p><p>Deçà, delà,</p><p>Pareil à la</p><p>Feuille morte."</p><p><br></p><p>Paul Verlaine,&nbsp;<em>Poèmes saturniens</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Paul Verlaine, "Chanson d'automne"</p><p><br></p><p>"Les sanglots longs</p><p>Des violons</p><p>De l’automne</p><p>Blessent mon coeur</p><p>D’une langueur</p><p>Monotone.</p><p><br></p><p>Tout suffocant</p><p>Et blême, quand</p><p>Sonne l’heure,</p><p>Je me souviens</p><p>Des jours anciens</p><p>Et je pleure</p><p><br></p><p>Et je m’en vais</p><p>Au vent mauvais</p><p>Qui m’emporte</p><p>Deçà, delà,</p><p>Pareil à la</p><p>Feuille morte."</p><p><br></p><p>Paul Verlaine,&nbsp;<em>Poèmes saturniens</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Brise marine", de Stéphane Mallarmé</title>
            <itunes:title>"Brise marine", de Stéphane Mallarmé</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 13 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Mélanie lit le poème de Mallarmé, "Brise marine"</p><p><br></p><p>"La chair est triste, hélas&nbsp;! et j’ai lu tous les livres.</p><p>Fuir&nbsp;! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres</p><p>D’être parmi l’écume inconnue et les cieux&nbsp;!</p><p>Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux</p><p>Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe</p><p>Ô nuits&nbsp;! ni la clarté déserte de ma lampe</p><p>Sur le vide papier que la blancheur défend</p><p>Et ni la jeune femme allaitant son enfant.</p><p>Je partirai&nbsp;! Steamer balançant ta mâture,</p><p>Lève l’ancre pour une exotique nature&nbsp;!</p><p><br></p><p>Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,</p><p>Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs&nbsp;!</p><p>Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,</p><p>Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages</p><p>Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …</p><p>Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots&nbsp;!"</p><p>Stéphane Mallarmé,&nbsp;<em>Vers et Prose, 189</em>3</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Mélanie lit le poème de Mallarmé, "Brise marine"</p><p><br></p><p>"La chair est triste, hélas&nbsp;! et j’ai lu tous les livres.</p><p>Fuir&nbsp;! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres</p><p>D’être parmi l’écume inconnue et les cieux&nbsp;!</p><p>Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux</p><p>Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe</p><p>Ô nuits&nbsp;! ni la clarté déserte de ma lampe</p><p>Sur le vide papier que la blancheur défend</p><p>Et ni la jeune femme allaitant son enfant.</p><p>Je partirai&nbsp;! Steamer balançant ta mâture,</p><p>Lève l’ancre pour une exotique nature&nbsp;!</p><p><br></p><p>Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,</p><p>Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs&nbsp;!</p><p>Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,</p><p>Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages</p><p>Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …</p><p>Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots&nbsp;!"</p><p>Stéphane Mallarmé,&nbsp;<em>Vers et Prose, 189</em>3</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>Culture,poésie,littérature</itunes:keywords>
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            <title>"Chant d'automne", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"Chant d'automne", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 10 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Lucie et Isabelle lisent "Chant d'automne", le poème de Charles Baudelaire.</p><p><br></p><p>"I</p><p>Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres&nbsp;;</p><p>Adieu, vive clarté de nos étés trop courts&nbsp;!</p><p>J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres</p><p>Le bois retentissant sur le pavé des cours.</p><p>Tout l’hiver va rentrer dans mon être&nbsp;: colère,</p><p>Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,</p><p>Et, comme le soleil dans son enfer polaire,</p><p>Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.</p><p>J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe&nbsp;;</p><p>L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.</p><p>Mon esprit est pareil à la tour qui succombe</p><p>Sous les coups du bélier infatigable et lourd.</p><p>Il me semble, bercé par ce choc monotone,</p><p>Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.</p><p>Pour qui&nbsp;? – C’était hier l’été&nbsp;; voici l’automne&nbsp;!</p><p>Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.</p><p>II</p><p>J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,</p><p>Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,</p><p>Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,</p><p>Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.</p><p>Et pourtant aimez-moi, tendre coeur&nbsp;! soyez mère,</p><p>Même pour un ingrat, même pour un méchant&nbsp;;</p><p>Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère</p><p>D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.</p><p>Courte tâche&nbsp;! La tombe attend&nbsp;; elle est avide&nbsp;!</p><p>Ah&nbsp;! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,</p><p>Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,</p><p>De l’arrière-saison le rayon jaune et doux&nbsp;!"</p><p>Charles Baudelaire,&nbsp;<em>Les fleurs du mal</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Lucie et Isabelle lisent "Chant d'automne", le poème de Charles Baudelaire.</p><p><br></p><p>"I</p><p>Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres&nbsp;;</p><p>Adieu, vive clarté de nos étés trop courts&nbsp;!</p><p>J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres</p><p>Le bois retentissant sur le pavé des cours.</p><p>Tout l’hiver va rentrer dans mon être&nbsp;: colère,</p><p>Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,</p><p>Et, comme le soleil dans son enfer polaire,</p><p>Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.</p><p>J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe&nbsp;;</p><p>L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.</p><p>Mon esprit est pareil à la tour qui succombe</p><p>Sous les coups du bélier infatigable et lourd.</p><p>Il me semble, bercé par ce choc monotone,</p><p>Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.</p><p>Pour qui&nbsp;? – C’était hier l’été&nbsp;; voici l’automne&nbsp;!</p><p>Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.</p><p>II</p><p>J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,</p><p>Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,</p><p>Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,</p><p>Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.</p><p>Et pourtant aimez-moi, tendre coeur&nbsp;! soyez mère,</p><p>Même pour un ingrat, même pour un méchant&nbsp;;</p><p>Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère</p><p>D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.</p><p>Courte tâche&nbsp;! La tombe attend&nbsp;; elle est avide&nbsp;!</p><p>Ah&nbsp;! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,</p><p>Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,</p><p>De l’arrière-saison le rayon jaune et doux&nbsp;!"</p><p>Charles Baudelaire,&nbsp;<em>Les fleurs du mal</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"La Terre est bleue", de Paul Eluard</title>
            <itunes:title>"La Terre est bleue", de Paul Eluard</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 09 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Alexiane lit "La Terre est bleue", le poème de Paul Eluard</p><p><br></p><p>"La terre est bleue comme une orange</p><p>Jamais une erreur les mots ne mentent pas</p><p>Ils ne vous donnent plus à chanter</p><p>Au tour des baisers de s’entendre</p><p>Les fous et les amours</p><p>Elle sa bouche d’alliance</p><p>Tous les secrets tous les sourires</p><p>Et quels vêtements d’indulgence</p><p>À la croire toute nue.</p><p><br></p><p>Les guêpes fleurissent vert</p><p>L’aube se passe autour du cou</p><p>Un collier de fenêtres</p><p>Des ailes couvrent les feuilles</p><p>Tu as toutes les joies solaires</p><p>Tout le soleil sur la terre</p><p>Sur les chemins de ta beauté."</p><p>Paul Eluard, <em>L'Amour la poésie</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Alexiane lit "La Terre est bleue", le poème de Paul Eluard</p><p><br></p><p>"La terre est bleue comme une orange</p><p>Jamais une erreur les mots ne mentent pas</p><p>Ils ne vous donnent plus à chanter</p><p>Au tour des baisers de s’entendre</p><p>Les fous et les amours</p><p>Elle sa bouche d’alliance</p><p>Tous les secrets tous les sourires</p><p>Et quels vêtements d’indulgence</p><p>À la croire toute nue.</p><p><br></p><p>Les guêpes fleurissent vert</p><p>L’aube se passe autour du cou</p><p>Un collier de fenêtres</p><p>Des ailes couvrent les feuilles</p><p>Tu as toutes les joies solaires</p><p>Tout le soleil sur la terre</p><p>Sur les chemins de ta beauté."</p><p>Paul Eluard, <em>L'Amour la poésie</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Quantique des colonnes", de Paul Valéry</title>
            <itunes:title>"Quantique des colonnes", de Paul Valéry</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 08 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Margaux lit "Quantique des colonnes", de Paul Valéry</p><p><br></p><p>Douces colonnes, aux</p><p> Chapeaux garnis de jour,</p><p> Ornés de vrais oiseaux</p><p> Qui marchent sur le tour,</p><p> </p><p> Douces colonnes, ô </p><p> L’orchestre de fuseaux&nbsp;! </p><p> Chacun immole son </p><p> Silence à l’unisson.</p><p> </p><p> — Que portez-vous si haut, </p><p> Égales radieuses&nbsp;? </p><p> — Au désir sans défaut </p><p> Nos grâces studieuses&nbsp;!</p><p><br></p><p>Nous chantons à la fois </p><p> Que nous portons les cieux&nbsp;! </p><p> Ô seule et sage voix </p><p> Qui chantes pour les yeux&nbsp;! </p><p> </p><p> Vois quels hymnes candides&nbsp;! </p><p> Quelle sonorité </p><p> Nos éléments limpides </p><p> Tirent de la clarté&nbsp;! </p><p> </p><p> Si froides et dorées </p><p> Nous fûmes de nos lits </p><p> Par le ciseau tirées, </p><p> Pour devenir ces lys&nbsp;! </p><p> </p><p> De nos lits de cristal </p><p> Nous fûmes éveillées, </p><p> Des griffes de métal </p><p> Nous ont appareillées.</p><p> </p><p> Pour affronter la lune, </p><p> La lune et le soleil, </p><p> On nous polit chacune </p><p> Comme ongle de l’orteil&nbsp;!</p><p><br></p><p>Servantes sans genoux, </p><p> Sourires sans figures, </p><p> La belle devant nous </p><p> Se sent les jambes pures.</p><p> </p><p> Pieusement pareilles,</p><p> Le nez sous le bandeau</p><p> Et nos riches oreilles</p><p> Sourdes au blanc fardeau, </p><p> </p><p> Un temple sur les yeux </p><p> Noirs pour l’éternité, </p><p> Nous allons sans les dieux </p><p> À la divinité&nbsp;! </p><p> </p><p> Nos antiques jeunesses,</p><p> Chair mate et belles ombres,</p><p> Sont fières des finesses</p><p> Qui naissent par les nombres&nbsp;!</p><p> </p><p> Filles des nombres d’or,</p><p> Fortes des lois du ciel,</p><p> Sur nous tombe et s’endort</p><p> Un dieu couleur de miel.</p><p><br></p><p>Il dort content, le Jour,</p><p> Que chaque jour offrons</p><p> Sur la table d’amour</p><p> Étale sur nos fronts.</p><p> </p><p> Incorruptibles sœurs,</p><p> Mi-brûlantes, mi-fraîches,</p><p> Nous prîmes pour danseurs</p><p> Brises et feuilles sèches,</p><p> </p><p> Et les siècles par dix, </p><p> Et les peuples passés, </p><p> C’est un profond jadis, </p><p> Jadis jamais assez&nbsp;! </p><p> </p><p> Sous nos mêmes amours </p><p> Plus lourdes que le monde </p><p> Nous traversons les jours </p><p> Comme une pierre l’onde&nbsp;! </p><p> </p><p> Nous marchons dans le temps </p><p> Et nos corps éclatants </p><p> Ont des pas ineffables </p><p> Qui marquent dans les fables…</p><p><br></p><p>Paul Valéry, Œuvres de Paul Valéry, 1933</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Margaux lit "Quantique des colonnes", de Paul Valéry</p><p><br></p><p>Douces colonnes, aux</p><p> Chapeaux garnis de jour,</p><p> Ornés de vrais oiseaux</p><p> Qui marchent sur le tour,</p><p> </p><p> Douces colonnes, ô </p><p> L’orchestre de fuseaux&nbsp;! </p><p> Chacun immole son </p><p> Silence à l’unisson.</p><p> </p><p> — Que portez-vous si haut, </p><p> Égales radieuses&nbsp;? </p><p> — Au désir sans défaut </p><p> Nos grâces studieuses&nbsp;!</p><p><br></p><p>Nous chantons à la fois </p><p> Que nous portons les cieux&nbsp;! </p><p> Ô seule et sage voix </p><p> Qui chantes pour les yeux&nbsp;! </p><p> </p><p> Vois quels hymnes candides&nbsp;! </p><p> Quelle sonorité </p><p> Nos éléments limpides </p><p> Tirent de la clarté&nbsp;! </p><p> </p><p> Si froides et dorées </p><p> Nous fûmes de nos lits </p><p> Par le ciseau tirées, </p><p> Pour devenir ces lys&nbsp;! </p><p> </p><p> De nos lits de cristal </p><p> Nous fûmes éveillées, </p><p> Des griffes de métal </p><p> Nous ont appareillées.</p><p> </p><p> Pour affronter la lune, </p><p> La lune et le soleil, </p><p> On nous polit chacune </p><p> Comme ongle de l’orteil&nbsp;!</p><p><br></p><p>Servantes sans genoux, </p><p> Sourires sans figures, </p><p> La belle devant nous </p><p> Se sent les jambes pures.</p><p> </p><p> Pieusement pareilles,</p><p> Le nez sous le bandeau</p><p> Et nos riches oreilles</p><p> Sourdes au blanc fardeau, </p><p> </p><p> Un temple sur les yeux </p><p> Noirs pour l’éternité, </p><p> Nous allons sans les dieux </p><p> À la divinité&nbsp;! </p><p> </p><p> Nos antiques jeunesses,</p><p> Chair mate et belles ombres,</p><p> Sont fières des finesses</p><p> Qui naissent par les nombres&nbsp;!</p><p> </p><p> Filles des nombres d’or,</p><p> Fortes des lois du ciel,</p><p> Sur nous tombe et s’endort</p><p> Un dieu couleur de miel.</p><p><br></p><p>Il dort content, le Jour,</p><p> Que chaque jour offrons</p><p> Sur la table d’amour</p><p> Étale sur nos fronts.</p><p> </p><p> Incorruptibles sœurs,</p><p> Mi-brûlantes, mi-fraîches,</p><p> Nous prîmes pour danseurs</p><p> Brises et feuilles sèches,</p><p> </p><p> Et les siècles par dix, </p><p> Et les peuples passés, </p><p> C’est un profond jadis, </p><p> Jadis jamais assez&nbsp;! </p><p> </p><p> Sous nos mêmes amours </p><p> Plus lourdes que le monde </p><p> Nous traversons les jours </p><p> Comme une pierre l’onde&nbsp;! </p><p> </p><p> Nous marchons dans le temps </p><p> Et nos corps éclatants </p><p> Ont des pas ineffables </p><p> Qui marquent dans les fables…</p><p><br></p><p>Paul Valéry, Œuvres de Paul Valéry, 1933</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L’aveu de Phèdre à Hippolyte", de Racine</title>
            <itunes:title>"L’aveu de Phèdre à Hippolyte", de Racine</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 07 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit "L’aveu de Phèdre à Hippolyte", de Racine</p><p><br></p><p>Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !</p><p>Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.</p><p>Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :</p><p>J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,</p><p>Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;</p><p>Ni que du fol amour qui trouble ma raison</p><p>Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;</p><p>Objet infortuné des vengeances célestes,</p><p>Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.</p><p>Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc</p><p>Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;</p><p>Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle</p><p>De séduire le cœur d’une faible mortelle.</p><p>Toi-même en ton esprit rappelle le passé :</p><p>C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;</p><p>J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;</p><p>Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.</p><p>De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?</p><p>Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;</p><p>Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.</p><p>J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :</p><p>Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,</p><p>Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…</p><p>Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,</p><p>Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?</p><p>Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,</p><p>Je te venais prier de ne le point haïr :</p><p>Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !</p><p>Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !</p><p>Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :</p><p>Digne fils du héros qui t’a donné le jour,</p><p>Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.</p><p>La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !</p><p>Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;</p><p>Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.</p><p>Impatient déjà d’expier son offense,</p><p>Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.</p><p>Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,</p><p>Si ta haine m’envie un supplice si doux,</p><p>Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,</p><p>Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;</p><p>Donne.</p><p><br></p><p>Racine, L’aveu de Phèdre à Hippolyte, Phèdre de Racine</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit "L’aveu de Phèdre à Hippolyte", de Racine</p><p><br></p><p>Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !</p><p>Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.</p><p>Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :</p><p>J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,</p><p>Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;</p><p>Ni que du fol amour qui trouble ma raison</p><p>Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;</p><p>Objet infortuné des vengeances célestes,</p><p>Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.</p><p>Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc</p><p>Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;</p><p>Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle</p><p>De séduire le cœur d’une faible mortelle.</p><p>Toi-même en ton esprit rappelle le passé :</p><p>C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;</p><p>J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;</p><p>Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.</p><p>De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?</p><p>Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;</p><p>Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.</p><p>J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :</p><p>Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,</p><p>Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…</p><p>Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,</p><p>Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?</p><p>Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,</p><p>Je te venais prier de ne le point haïr :</p><p>Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !</p><p>Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !</p><p>Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :</p><p>Digne fils du héros qui t’a donné le jour,</p><p>Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.</p><p>La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !</p><p>Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;</p><p>Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.</p><p>Impatient déjà d’expier son offense,</p><p>Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.</p><p>Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,</p><p>Si ta haine m’envie un supplice si doux,</p><p>Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,</p><p>Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;</p><p>Donne.</p><p><br></p><p>Racine, L’aveu de Phèdre à Hippolyte, Phèdre de Racine</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Ce que dis la bouche d'ombre", de Victor Hugo</title>
            <itunes:title>"Ce que dis la bouche d'ombre", de Victor Hugo</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 06 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Nastasia lit "Ce que dis la bouche d'ombre", de Victor Hugo</p><p><br></p><p>Crois-tu que l’eau du fleuve et les arbres des bois, </p><p> S’ils n’avaient rien à dire, élèveraient la voix&nbsp;?</p><p> Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte&nbsp;?</p><p> Crois-tu que l’océan, qui se gonfle et qui lutte, </p><p> Serait content d’ouvrir sa gueule jour et nuit</p><p> Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit, Et qu’il voudrait rugir, sous l’ouragan qui vole, </p><p> Si son rugissement n’était une parole&nbsp;?</p><p> Crois-tu que le tombeau, d’herbe et de nuit vêtu, </p><p> Ne soit rien qu’un silence&nbsp;? et te figures-tu</p><p> Que la création profonde, qui compose</p><p> Sa rumeur des frissons du lys et de la rose, </p><p> De la foudre, des flots, des souffles du ciel bleu, </p><p> Ne sait ce qu’elle dit quand elle parle à Dieu&nbsp;?</p><p> Crois-tu qu’elle ne soit qu’une langue épaissie&nbsp;?</p><p> Crois-tu que la nature énorme balbutie, </p><p> Et que Dieu se serait, dans son immensité, </p><p> Donné pour tout plaisir, pendant l’éternité, </p><p> D’entendre bégayer une sourde-muette&nbsp;?</p><p> Non, l’abîme est un prêtre et l’ombre est un poëte&nbsp;;</p><p> Non, tout est une voix et tout est un parfum&nbsp;;</p><p> Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un&nbsp;;</p><p> Une pensée emplit le tumulte superbe.</p><p> Dieu n’a pas fait un bruit sans y mêler le verbe.</p><p> Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi&nbsp;;</p><p> Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi</p><p> Tout parle&nbsp;? Écoute bien. C’est que vents, ondes, flammes</p><p> Arbres, roseaux, rochers, tout vit&nbsp;!</p><p><br></p><p>Tout est plein d’âmes.</p><p><br></p><p>Victor Hugo, Les contemplations, 1911</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Nastasia lit "Ce que dis la bouche d'ombre", de Victor Hugo</p><p><br></p><p>Crois-tu que l’eau du fleuve et les arbres des bois, </p><p> S’ils n’avaient rien à dire, élèveraient la voix&nbsp;?</p><p> Prends-tu le vent des mers pour un joueur de flûte&nbsp;?</p><p> Crois-tu que l’océan, qui se gonfle et qui lutte, </p><p> Serait content d’ouvrir sa gueule jour et nuit</p><p> Pour souffler dans le vide une vapeur de bruit, Et qu’il voudrait rugir, sous l’ouragan qui vole, </p><p> Si son rugissement n’était une parole&nbsp;?</p><p> Crois-tu que le tombeau, d’herbe et de nuit vêtu, </p><p> Ne soit rien qu’un silence&nbsp;? et te figures-tu</p><p> Que la création profonde, qui compose</p><p> Sa rumeur des frissons du lys et de la rose, </p><p> De la foudre, des flots, des souffles du ciel bleu, </p><p> Ne sait ce qu’elle dit quand elle parle à Dieu&nbsp;?</p><p> Crois-tu qu’elle ne soit qu’une langue épaissie&nbsp;?</p><p> Crois-tu que la nature énorme balbutie, </p><p> Et que Dieu se serait, dans son immensité, </p><p> Donné pour tout plaisir, pendant l’éternité, </p><p> D’entendre bégayer une sourde-muette&nbsp;?</p><p> Non, l’abîme est un prêtre et l’ombre est un poëte&nbsp;;</p><p> Non, tout est une voix et tout est un parfum&nbsp;;</p><p> Tout dit dans l’infini quelque chose à quelqu’un&nbsp;;</p><p> Une pensée emplit le tumulte superbe.</p><p> Dieu n’a pas fait un bruit sans y mêler le verbe.</p><p> Tout, comme toi, gémit ou chante comme moi&nbsp;;</p><p> Tout parle. Et maintenant, homme, sais-tu pourquoi</p><p> Tout parle&nbsp;? Écoute bien. C’est que vents, ondes, flammes</p><p> Arbres, roseaux, rochers, tout vit&nbsp;!</p><p><br></p><p>Tout est plein d’âmes.</p><p><br></p><p>Victor Hugo, Les contemplations, 1911</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"A travers l'Europe (Calligrammes)", de Guillaume Apollinaire</title>
            <itunes:title>"A travers l'Europe (Calligrammes)", de Guillaume Apollinaire</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 03 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>André lit "A travers l'Europe (Calligrammes)" de Guillaume Apollinaire</p><p><br></p><p>Rotsoge</p><p>Ton visage écarlate ton biplan transformable en hydroplan</p><p>Ta maison ronde où il nage un hareng saur</p><p> Il me faut la clef des paupières</p><p> Heureusement que nous avons vu M. Panado</p><p> Et nous sommes tranquilles de ce côté-là</p><p> Qu’est-ce que tu vois mon vieux M. D…</p><p>90 ou 324 un homme en l’air un veau qui regarde à travers le ventre de sa mère</p><p><br></p><p> J’ai cherché longtemps sur les routes</p><p> Tant d’yeux sont clos au bord des routes</p><p> Le vent fait pleurer les saussaies</p><p> Ouvre ouvre ouvre ouvre ouvre</p><p> Regarde mais regarde donc</p><p>Le vieux se lave les pieds dans la cuvette</p><p> Una volta ho inteso dire Chè vuoi</p><p> Je me mis à pleurer en me souvenant de vos enfances</p><p> </p><p> Et toi tu me montres un violet épouvantable</p><p> </p><p> Ce petit tableau où il y a une voiture m’a rappelé le jour</p><p>Un jour fait de morceaux mauves jaunes bleus verts et rouges</p><p> Où je m’en allais à la campagne avec une charmante cheminée tenant sa chienne en laisse</p><p>Il n’y en a plus tu n’as plus ton petit mirliton</p><p> La cheminée fume loin de moi des cigarettes russes</p><p> La chienne aboie contre les lilas</p><p> La veilleuse est consumée</p><p> Sur la robe ont chu des pétales</p><p> Deux anneaux d’or près des sandales</p><p> Au soleil se sont allumés</p><p> Mais tes cheveux sont le trolley</p><p> À travers l’Europe vêtue de petits feux multicolores</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire, Poèmes de la paix et de la guerre, 1918</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>André lit "A travers l'Europe (Calligrammes)" de Guillaume Apollinaire</p><p><br></p><p>Rotsoge</p><p>Ton visage écarlate ton biplan transformable en hydroplan</p><p>Ta maison ronde où il nage un hareng saur</p><p> Il me faut la clef des paupières</p><p> Heureusement que nous avons vu M. Panado</p><p> Et nous sommes tranquilles de ce côté-là</p><p> Qu’est-ce que tu vois mon vieux M. D…</p><p>90 ou 324 un homme en l’air un veau qui regarde à travers le ventre de sa mère</p><p><br></p><p> J’ai cherché longtemps sur les routes</p><p> Tant d’yeux sont clos au bord des routes</p><p> Le vent fait pleurer les saussaies</p><p> Ouvre ouvre ouvre ouvre ouvre</p><p> Regarde mais regarde donc</p><p>Le vieux se lave les pieds dans la cuvette</p><p> Una volta ho inteso dire Chè vuoi</p><p> Je me mis à pleurer en me souvenant de vos enfances</p><p> </p><p> Et toi tu me montres un violet épouvantable</p><p> </p><p> Ce petit tableau où il y a une voiture m’a rappelé le jour</p><p>Un jour fait de morceaux mauves jaunes bleus verts et rouges</p><p> Où je m’en allais à la campagne avec une charmante cheminée tenant sa chienne en laisse</p><p>Il n’y en a plus tu n’as plus ton petit mirliton</p><p> La cheminée fume loin de moi des cigarettes russes</p><p> La chienne aboie contre les lilas</p><p> La veilleuse est consumée</p><p> Sur la robe ont chu des pétales</p><p> Deux anneaux d’or près des sandales</p><p> Au soleil se sont allumés</p><p> Mais tes cheveux sont le trolley</p><p> À travers l’Europe vêtue de petits feux multicolores</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire, Poèmes de la paix et de la guerre, 1918</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L'albatros" de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"L'albatros" de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 02 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Timothee lit "L'albatros" de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage</p><p> Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,</p><p> Qui suivent, indolents compagnons de voyage,</p><p> Le navire glissant sur les gouffres amers.A peine les ont-ils déposés sur les planches,</p><p> Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,</p><p> Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches</p><p> Comme des avirons traîner à côté d’eux.</p><p>Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule&nbsp;!</p><p> Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid&nbsp;!</p><p> L’un agace son bec avec un brûle-gueule,</p><p> L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait&nbsp;!</p><p>Le Poète est semblable au prince des nuées</p><p> Qui hante la tempête et se rit de l’archer&nbsp;;</p><p> Exilé sur le sol au milieu des huées,</p><p> Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1861</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Timothee lit "L'albatros" de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage</p><p> Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,</p><p> Qui suivent, indolents compagnons de voyage,</p><p> Le navire glissant sur les gouffres amers.A peine les ont-ils déposés sur les planches,</p><p> Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,</p><p> Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches</p><p> Comme des avirons traîner à côté d’eux.</p><p>Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule&nbsp;!</p><p> Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid&nbsp;!</p><p> L’un agace son bec avec un brûle-gueule,</p><p> L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait&nbsp;!</p><p>Le Poète est semblable au prince des nuées</p><p> Qui hante la tempête et se rit de l’archer&nbsp;;</p><p> Exilé sur le sol au milieu des huées,</p><p> Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1861</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L'abeille", de Paul Valéry</title>
            <itunes:title>"L'abeille", de Paul Valéry</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 01 Mar 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Lucas lit "L'abeille", de Paul Valéry</p><p><br></p><p>Quelle, et si fine, et si mortelle,</p><p>Que soit ta pointe, blonde abeille,</p><p>Je n’ai, sur ma tendre corbeille,</p><p>Jeté qu’un songe de dentelle.</p><p>Pique du sein la gourde belle</p><p>Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,</p><p>Qu’un peu de moi même vermeille</p><p>Vienne à la chair ronde et rebelle&nbsp;!</p><p>J’ai grand besoin d’un prompt tourment&nbsp;:</p><p>Un mal vif et bien terminé</p><p>Vaut mieux qu’un supplice dormant&nbsp;!</p><p>Soit donc mon sens illuminé</p><p>Par cette infime alerte d’or</p><p>Sans qui l’Amour meurt ou s’endort&nbsp;!</p><p><br></p><p>Paul Valéry, Œuvres de Paul Valéry, 1933</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Lucas lit "L'abeille", de Paul Valéry</p><p><br></p><p>Quelle, et si fine, et si mortelle,</p><p>Que soit ta pointe, blonde abeille,</p><p>Je n’ai, sur ma tendre corbeille,</p><p>Jeté qu’un songe de dentelle.</p><p>Pique du sein la gourde belle</p><p>Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,</p><p>Qu’un peu de moi même vermeille</p><p>Vienne à la chair ronde et rebelle&nbsp;!</p><p>J’ai grand besoin d’un prompt tourment&nbsp;:</p><p>Un mal vif et bien terminé</p><p>Vaut mieux qu’un supplice dormant&nbsp;!</p><p>Soit donc mon sens illuminé</p><p>Par cette infime alerte d’or</p><p>Sans qui l’Amour meurt ou s’endort&nbsp;!</p><p><br></p><p>Paul Valéry, Œuvres de Paul Valéry, 1933</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Les dicts d'amour à Linda", de Apollinaire</title>
            <itunes:title>"Les dicts d'amour à Linda", de Apollinaire</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 28 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit "Les dicts d'amour à Linda", de Apollinaire</p><p><br></p><p>Votre nom très païen, un peu prétentieux,</p><p>Parce que c'est le vôtre en est délicieux ;</p><p>Il veut dire « jolie » en espagnol, et comme</p><p>Vous l'êtes, on dit vrai chaque fois qu'on vous nomme.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Ce nom devient mélancolique en allemand,</p><p>Aux brises de l'Avril, il bruisse doucement,</p><p>C'est le tilleul lyrique, un arbre de légende,</p><p>D'où, chaque nuit, des lutins fous sortent en bande.</p><p>&nbsp;&nbsp;</p><p>Enfin, ce rare nom qui dit votre beauté,</p><p>Ce fut aussi le nom d'une antique cité</p><p>Qui florissait jadis parmi les roses belles</p><p>Dans Rhodes, l'île où roucoulent les colombelles.</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou, 1969</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit "Les dicts d'amour à Linda", de Apollinaire</p><p><br></p><p>Votre nom très païen, un peu prétentieux,</p><p>Parce que c'est le vôtre en est délicieux ;</p><p>Il veut dire « jolie » en espagnol, et comme</p><p>Vous l'êtes, on dit vrai chaque fois qu'on vous nomme.</p><p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p><p>Ce nom devient mélancolique en allemand,</p><p>Aux brises de l'Avril, il bruisse doucement,</p><p>C'est le tilleul lyrique, un arbre de légende,</p><p>D'où, chaque nuit, des lutins fous sortent en bande.</p><p>&nbsp;&nbsp;</p><p>Enfin, ce rare nom qui dit votre beauté,</p><p>Ce fut aussi le nom d'une antique cité</p><p>Qui florissait jadis parmi les roses belles</p><p>Dans Rhodes, l'île où roucoulent les colombelles.</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou, 1969</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>Culture,poésie,Littérature</itunes:keywords>
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            <title>"Far-niente", de Théophile Gautier</title>
            <itunes:title>"Far-niente", de Théophile Gautier</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 27 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Emeline lit le poème de Théophile Gautier, "Far-niente"</p><p><br></p><p>"Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage</p><p>Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,</p><p>J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,</p><p>Loin des chemins poudreux, à demeurer assis</p><p>Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,</p><p>Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.</p><p>Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi</p><p>Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,</p><p>Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,</p><p>Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,</p><p>La chenille traînant ses anneaux veloutés,</p><p>La limace baveuse aux sillons argentés,</p><p>Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.</p><p>Ensuite je regarde, amusement frivole,</p><p>La lumière brisant dans chacun de mes cils,</p><p>Palissade opposée à ses rayons subtils,</p><p>Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte</p><p>En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote&nbsp;;</p><p>Et lorsque je suis las je me laisse endormir,</p><p>Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,</p><p>Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,</p><p>Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette."</p><p>Théophile Gautier,&nbsp;<em>Premières Poésies</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Emeline lit le poème de Théophile Gautier, "Far-niente"</p><p><br></p><p>"Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage</p><p>Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,</p><p>J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,</p><p>Loin des chemins poudreux, à demeurer assis</p><p>Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,</p><p>Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.</p><p>Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi</p><p>Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,</p><p>Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,</p><p>Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,</p><p>La chenille traînant ses anneaux veloutés,</p><p>La limace baveuse aux sillons argentés,</p><p>Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.</p><p>Ensuite je regarde, amusement frivole,</p><p>La lumière brisant dans chacun de mes cils,</p><p>Palissade opposée à ses rayons subtils,</p><p>Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte</p><p>En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote&nbsp;;</p><p>Et lorsque je suis las je me laisse endormir,</p><p>Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,</p><p>Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,</p><p>Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette."</p><p>Théophile Gautier,&nbsp;<em>Premières Poésies</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Rêver pour l'hiver", d'Arthur Rimbaud</title>
            <itunes:title>"Rêver pour l'hiver", d'Arthur Rimbaud</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 24 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Delphine lit "rêver pour l'hiver", d'Arthur Rimbaud</p><p><br></p><p>"L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose</p><p>Avec des coussins bleus.</p><p>Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose</p><p>Dans chaque coin moelleux.</p><p>Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,</p><p>Grimacer les ombres des soirs,</p><p>Ces monstruosités hargneuses, populace</p><p>De démons noirs et de loups noirs.</p><p>Puis tu te sentiras la joue égratignée…</p><p>Un petit baiser, comme une folle araignée,</p><p>Te courra par le cou…</p><p>Et tu me diras&nbsp;:&nbsp;» Cherche&nbsp;!&nbsp;» en inclinant la tête,</p><p>– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête</p><p>– Qui voyage beaucoup…"</p><p>Arthur Rimbaud</p><p>En wagon, le 7 octobre 1870</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Delphine lit "rêver pour l'hiver", d'Arthur Rimbaud</p><p><br></p><p>"L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose</p><p>Avec des coussins bleus.</p><p>Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose</p><p>Dans chaque coin moelleux.</p><p>Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,</p><p>Grimacer les ombres des soirs,</p><p>Ces monstruosités hargneuses, populace</p><p>De démons noirs et de loups noirs.</p><p>Puis tu te sentiras la joue égratignée…</p><p>Un petit baiser, comme une folle araignée,</p><p>Te courra par le cou…</p><p>Et tu me diras&nbsp;:&nbsp;» Cherche&nbsp;!&nbsp;» en inclinant la tête,</p><p>– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête</p><p>– Qui voyage beaucoup…"</p><p>Arthur Rimbaud</p><p>En wagon, le 7 octobre 1870</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"La Courbe de tes yeux" de Paul Eluard</title>
            <itunes:title>"La Courbe de tes yeux" de Paul Eluard</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 23 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Marion lit "La Courbe de tes yeux", de Paul Eluard</p><p><br></p><p>"La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,</p><p>Un rond de danse et de douceur,</p><p>Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,</p><p>Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu</p><p>C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.</p><p><br></p><p>Feuilles de jour et mousse de rosée,</p><p>Roseaux du vent, sourires parfumés,</p><p>Ailes couvrant le monde de lumière,</p><p>Bateaux chargés du ciel et de la mer,</p><p>Chasseurs des bruits et sources des couleurs,</p><p><br></p><p>Parfums éclos d’une couvée d’aurores</p><p>Qui gît toujours sur la paille des astres,</p><p>Comme le jour dépend de l’innocence</p><p>Le monde entier dépend de tes yeux purs</p><p>Et tout mon sang coule dans leurs regards."</p><p><br></p><p>Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Marion lit "La Courbe de tes yeux", de Paul Eluard</p><p><br></p><p>"La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur,</p><p>Un rond de danse et de douceur,</p><p>Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,</p><p>Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu</p><p>C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.</p><p><br></p><p>Feuilles de jour et mousse de rosée,</p><p>Roseaux du vent, sourires parfumés,</p><p>Ailes couvrant le monde de lumière,</p><p>Bateaux chargés du ciel et de la mer,</p><p>Chasseurs des bruits et sources des couleurs,</p><p><br></p><p>Parfums éclos d’une couvée d’aurores</p><p>Qui gît toujours sur la paille des astres,</p><p>Comme le jour dépend de l’innocence</p><p>Le monde entier dépend de tes yeux purs</p><p>Et tout mon sang coule dans leurs regards."</p><p><br></p><p>Paul Eluard, Capitale de la douleur, 1926</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Spleen", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"Spleen", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 22 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Nathan lit <em>Spleen</em> de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle</p><p>Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,</p><p>Et que de l'horizon embrassant tout le cercle</p><p>Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;</p><p><br></p><p>Quand la terre est changée en un cachot humide,</p><p>Où l'Espérance, comme une chauve-souris,</p><p>S'en va battant les murs de son aile timide</p><p>Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;</p><p><br></p><p>Quand la pluie étalant ses immenses traînées</p><p>D'une vaste prison imite les barreaux,</p><p>Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées</p><p>Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,</p><p><br></p><p>Des cloches tout à coup sautent avec furie</p><p>Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,</p><p>Ainsi que des esprits errants et sans patrie</p><p>Qui se mettent à geindre opiniâtrement.</p><p><br></p><p>- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,</p><p>Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,</p><p>Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,</p><p>Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir."</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, <em>Les Fleurs du mal</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Nathan lit <em>Spleen</em> de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>"Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle</p><p>Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,</p><p>Et que de l'horizon embrassant tout le cercle</p><p>Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;</p><p><br></p><p>Quand la terre est changée en un cachot humide,</p><p>Où l'Espérance, comme une chauve-souris,</p><p>S'en va battant les murs de son aile timide</p><p>Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;</p><p><br></p><p>Quand la pluie étalant ses immenses traînées</p><p>D'une vaste prison imite les barreaux,</p><p>Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées</p><p>Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,</p><p><br></p><p>Des cloches tout à coup sautent avec furie</p><p>Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,</p><p>Ainsi que des esprits errants et sans patrie</p><p>Qui se mettent à geindre opiniâtrement.</p><p><br></p><p>- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,</p><p>Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,</p><p>Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,</p><p>Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir."</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, <em>Les Fleurs du mal</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>Culture,poésie,Littérature</itunes:keywords>
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            <title>"A l'ennemie aimée", de Renée Vivien</title>
            <itunes:title>"A l'ennemie aimée", de Renée Vivien</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 21 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne lit "A L'Ennemie aimée", de Renée Vivien</p><p><br></p><p>"Tes mains ont saccagé mes trésors les plus rares,</p><p>Et mon cœur est captif entre tes mains barbares.</p><p>Tu secouas au vent du nord tes longs cheveux</p><p>Et j’ai dit aussitôt&nbsp;: Je veux ce que tu veux.</p><p>Mais je te hais pourtant d’être ainsi ton domaine,</p><p>Ta serve… Mais je sens que ma révolte est vaine.</p><p>Je te hais cependant d’avoir subi tes lois,</p><p>D’avoir senti mon cœur près de ton cœur sournois…</p><p>Et parfois je regrette, en cette splendeur rare</p><p>Qu’est pour moi ton amour, la liberté barbare…"</p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Dans un coin de violettes, 1910</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne lit "A L'Ennemie aimée", de Renée Vivien</p><p><br></p><p>"Tes mains ont saccagé mes trésors les plus rares,</p><p>Et mon cœur est captif entre tes mains barbares.</p><p>Tu secouas au vent du nord tes longs cheveux</p><p>Et j’ai dit aussitôt&nbsp;: Je veux ce que tu veux.</p><p>Mais je te hais pourtant d’être ainsi ton domaine,</p><p>Ta serve… Mais je sens que ma révolte est vaine.</p><p>Je te hais cependant d’avoir subi tes lois,</p><p>D’avoir senti mon cœur près de ton cœur sournois…</p><p>Et parfois je regrette, en cette splendeur rare</p><p>Qu’est pour moi ton amour, la liberté barbare…"</p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Dans un coin de violettes, 1910</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Quand l'amour sera mort", d'Angélique Danigo</title>
            <itunes:title>"Quand l'amour sera mort", d'Angélique Danigo</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 20 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p><p>Angélique lit son poème, "Quand l'amour sera mort".</p></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p><p>Angélique lit son poème, "Quand l'amour sera mort".</p></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>CULTURE,poésie,littérature</itunes:keywords>
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            <title>"Tu seras un homme, mon fils" de Rudyard Kipling</title>
            <itunes:title>"Tu seras un homme, mon fils" de Rudyard Kipling</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 17 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Noémie lit le texte de Kipling, "Tu seras un homme mon fils"</p><p><br></p><p>"Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie</p><p>Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,</p><p>Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties</p><p>Sans un geste et sans un soupir ;</p><p>Si tu peux être amant sans être fou d’amour,</p><p>Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,</p><p>Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,</p><p>Pourtant lutter et te défendre ;</p><p>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</p><p>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</p><p>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles</p><p>Sans mentir toi-même d’un mot ;</p><p>Si tu peux rester digne en étant populaire,</p><p>Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,</p><p>Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,</p><p>Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;</p><p>Si tu sais méditer, observer et connaître,</p><p>Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,</p><p>Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,</p><p>Penser sans n’être qu’un penseur ;</p><p>Si tu peux être dur sans jamais être en rage,</p><p>Si tu peux être brave et jamais imprudent,</p><p>Si tu sais être bon, si tu sais être sage,</p><p>Sans être moral ni pédant ;</p><p>Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite</p><p>Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,</p><p>Si tu peux conserver ton courage et ta tête</p><p>Quand tous les autres les perdront,</p><p>Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire</p><p>Seront à tout jamais tes esclaves soumis,</p><p>Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire</p><p>Tu seras un homme, mon fils."</p><p>&nbsp;</p><p>Rudyard Kipling (Adaptation d’André Maurois)</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Noémie lit le texte de Kipling, "Tu seras un homme mon fils"</p><p><br></p><p>"Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie</p><p>Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,</p><p>Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties</p><p>Sans un geste et sans un soupir ;</p><p>Si tu peux être amant sans être fou d’amour,</p><p>Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,</p><p>Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,</p><p>Pourtant lutter et te défendre ;</p><p>Si tu peux supporter d’entendre tes paroles</p><p>Travesties par des gueux pour exciter des sots,</p><p>Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles</p><p>Sans mentir toi-même d’un mot ;</p><p>Si tu peux rester digne en étant populaire,</p><p>Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,</p><p>Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,</p><p>Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;</p><p>Si tu sais méditer, observer et connaître,</p><p>Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,</p><p>Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,</p><p>Penser sans n’être qu’un penseur ;</p><p>Si tu peux être dur sans jamais être en rage,</p><p>Si tu peux être brave et jamais imprudent,</p><p>Si tu sais être bon, si tu sais être sage,</p><p>Sans être moral ni pédant ;</p><p>Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite</p><p>Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,</p><p>Si tu peux conserver ton courage et ta tête</p><p>Quand tous les autres les perdront,</p><p>Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire</p><p>Seront à tout jamais tes esclaves soumis,</p><p>Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire</p><p>Tu seras un homme, mon fils."</p><p>&nbsp;</p><p>Rudyard Kipling (Adaptation d’André Maurois)</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Dormeur du val", d'Arthur Rimbaud</title>
            <itunes:title>"Le Dormeur du val", d'Arthur Rimbaud</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 16 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Timothée lit le poème de Rimbaud, le Dormeur du val</p><p><br></p><p>"C’est un trou de verdure où chante une rivière,</p><p>Accrochant follement aux herbes des haillons</p><p>D’argent&nbsp;; où le soleil, de la montagne fière,</p><p>Luit&nbsp;: c’est un petit val qui mousse de rayons.</p><p>Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,</p><p>Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,</p><p>Dort&nbsp;; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,</p><p>Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.</p><p>Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme</p><p>Sourirait un enfant malade, il fait un somme&nbsp;:</p><p>Nature, berce-le chaudement&nbsp;: il a froid.</p><p>Les parfums ne font pas frissonner sa narine&nbsp;;</p><p>Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,</p><p>Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Timothée lit le poème de Rimbaud, le Dormeur du val</p><p><br></p><p>"C’est un trou de verdure où chante une rivière,</p><p>Accrochant follement aux herbes des haillons</p><p>D’argent&nbsp;; où le soleil, de la montagne fière,</p><p>Luit&nbsp;: c’est un petit val qui mousse de rayons.</p><p>Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,</p><p>Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,</p><p>Dort&nbsp;; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,</p><p>Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.</p><p>Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme</p><p>Sourirait un enfant malade, il fait un somme&nbsp;:</p><p>Nature, berce-le chaudement&nbsp;: il a froid.</p><p>Les parfums ne font pas frissonner sa narine&nbsp;;</p><p>Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,</p><p>Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Poison", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"Le Poison", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 15 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit "Le Poison" de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>"Le vin sait revêtir le plus sordide bouge</p><p>D'un luxe miraculeux,</p><p>Et fait surgir plus d'un portique fabuleux</p><p>Dans l'or de sa vapeur rouge,</p><p>Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.</p><p><br></p><p>L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,</p><p>Allonge l'illimité,</p><p>Approfondit le temps, creuse la volupté,</p><p>Et de plaisirs noirs et mornes</p><p>Remplit l'âme au delà de sa capacité.</p><p><br></p><p>Tout cela ne vaut pas le poison qui découle</p><p>De tes yeux, de tes yeux verts,</p><p>Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...</p><p>Mes songes viennent en foule</p><p>Pour se désaltérer à ces gouffres amers.</p><p><br></p><p>Tout cela ne vaut pas le terrible prodige</p><p>De ta salive qui mord,</p><p>Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,</p><p>Et, charriant le vertige,</p><p>La roule défaillante aux rives de la mort !"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit "Le Poison" de Charles Baudelaire</p><p><br></p><p>"Le vin sait revêtir le plus sordide bouge</p><p>D'un luxe miraculeux,</p><p>Et fait surgir plus d'un portique fabuleux</p><p>Dans l'or de sa vapeur rouge,</p><p>Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.</p><p><br></p><p>L'opium agrandit ce qui n'a pas de bornes,</p><p>Allonge l'illimité,</p><p>Approfondit le temps, creuse la volupté,</p><p>Et de plaisirs noirs et mornes</p><p>Remplit l'âme au delà de sa capacité.</p><p><br></p><p>Tout cela ne vaut pas le poison qui découle</p><p>De tes yeux, de tes yeux verts,</p><p>Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers...</p><p>Mes songes viennent en foule</p><p>Pour se désaltérer à ces gouffres amers.</p><p><br></p><p>Tout cela ne vaut pas le terrible prodige</p><p>De ta salive qui mord,</p><p>Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord,</p><p>Et, charriant le vertige,</p><p>La roule défaillante aux rives de la mort !"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Sensation", d'Arthur Rimbaud</title>
            <itunes:title>"Sensation", d'Arthur Rimbaud</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 14 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Florence lit "Sensation" d'Arthur Rimbaud</p><p><br></p><p>"Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,</p><p>Picoté par les blés, fouler l’herbe menue&nbsp;:</p><p>Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.</p><p>Je laisserai le vent baigner ma tête nue.</p><p>Je ne parlerai pas, je ne penserai rien&nbsp;:</p><p>Mais l’amour infini me montera dans l’âme,</p><p>Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,</p><p>Par la Nature, – heureux comme avec une femme."</p><p><br></p><p><em>Mars 1870</em></p><p>Arthur Rimbaud,&nbsp;<em>Poésies</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Florence lit "Sensation" d'Arthur Rimbaud</p><p><br></p><p>"Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,</p><p>Picoté par les blés, fouler l’herbe menue&nbsp;:</p><p>Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.</p><p>Je laisserai le vent baigner ma tête nue.</p><p>Je ne parlerai pas, je ne penserai rien&nbsp;:</p><p>Mais l’amour infini me montera dans l’âme,</p><p>Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,</p><p>Par la Nature, – heureux comme avec une femme."</p><p><br></p><p><em>Mars 1870</em></p><p>Arthur Rimbaud,&nbsp;<em>Poésies</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Quand je peignais la Tour Eiffel", d'Angélique Danigo</title>
            <itunes:title>"Quand je peignais la Tour Eiffel", d'Angélique Danigo</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 13 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Angélique lit son poème, quand je peignais la Tour Eiffel.</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Angélique lit son poème, quand je peignais la Tour Eiffel.</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>Phèdre, acte II scène 5, de Jean Racine</title>
            <itunes:title>Phèdre, acte II scène 5, de Jean Racine</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 10 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Marion lit la scène 5 de l'acte II du <em>Phèdre</em> de Jean Racine.</p><p><br></p><p>"Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !</p><p>Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.</p><p>Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :</p><p>J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,</p><p>Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;</p><p>Ni que du fol amour qui trouble ma raison</p><p>Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;</p><p>Objet infortuné des vengeances célestes,</p><p>Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.</p><p>Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc</p><p>Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;</p><p>Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle</p><p>De séduire le cœur d’une faible mortelle.</p><p>Toi-même en ton esprit rappelle le passé :</p><p>C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;</p><p>J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;</p><p>Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.</p><p>De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?</p><p>Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;</p><p>Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.</p><p>J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :</p><p>Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,</p><p>Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…</p><p>Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,</p><p>Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?</p><p>Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,</p><p>Je te venais prier de ne le point haïr :</p><p>Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !</p><p>Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !</p><p>Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :</p><p>Digne fils du héros qui t’a donné le jour,</p><p>Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.</p><p>La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !</p><p>Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;</p><p>Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.</p><p>Impatient déjà d’expier son offense,</p><p>Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.</p><p>Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,</p><p>Si ta haine m’envie un supplice si doux,</p><p>Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,</p><p>Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;</p><p>Donne."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Marion lit la scène 5 de l'acte II du <em>Phèdre</em> de Jean Racine.</p><p><br></p><p>"Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !</p><p>Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.</p><p>Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :</p><p>J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,</p><p>Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;</p><p>Ni que du fol amour qui trouble ma raison</p><p>Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;</p><p>Objet infortuné des vengeances célestes,</p><p>Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.</p><p>Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc</p><p>Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;</p><p>Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle</p><p>De séduire le cœur d’une faible mortelle.</p><p>Toi-même en ton esprit rappelle le passé :</p><p>C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;</p><p>J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;</p><p>Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.</p><p>De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?</p><p>Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;</p><p>Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.</p><p>J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :</p><p>Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,</p><p>Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…</p><p>Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,</p><p>Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?</p><p>Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,</p><p>Je te venais prier de ne le point haïr :</p><p>Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !</p><p>Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !</p><p>Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :</p><p>Digne fils du héros qui t’a donné le jour,</p><p>Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.</p><p>La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !</p><p>Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;</p><p>Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.</p><p>Impatient déjà d’expier son offense,</p><p>Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.</p><p>Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,</p><p>Si ta haine m’envie un supplice si doux,</p><p>Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,</p><p>Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;</p><p>Donne."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Nuit Rhénane", de Guillaume Apollinaire</title>
            <itunes:title>"Nuit Rhénane", de Guillaume Apollinaire</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 09 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anna lit le poème de Guillaume Apollinaire, "Nuit Rhénane"</p><p><br></p><p>"Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme</p><p>Écoutez la chanson lente d’un batelier</p><p>Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes</p><p>Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds</p><p><br></p><p>Debout chantez plus haut en dansant une ronde</p><p>Que je n’entende plus le chant du batelier</p><p>Et mettez près de moi toutes les filles blondes</p><p>Au regard immobile aux nattes repliées</p><p><br></p><p>Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent</p><p>Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter</p><p>La voix chante toujours à en râle-mourir</p><p>Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été</p><p><br></p><p>Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire"</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire,&nbsp;<em>Rhénanes, Alcools, 1913</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anna lit le poème de Guillaume Apollinaire, "Nuit Rhénane"</p><p><br></p><p>"Mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme</p><p>Écoutez la chanson lente d’un batelier</p><p>Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes</p><p>Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds</p><p><br></p><p>Debout chantez plus haut en dansant une ronde</p><p>Que je n’entende plus le chant du batelier</p><p>Et mettez près de moi toutes les filles blondes</p><p>Au regard immobile aux nattes repliées</p><p><br></p><p>Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent</p><p>Tout l’or des nuits tombe en tremblant s’y refléter</p><p>La voix chante toujours à en râle-mourir</p><p>Ces fées aux cheveux verts qui incantent l’été</p><p><br></p><p>Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire"</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire,&nbsp;<em>Rhénanes, Alcools, 1913</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Notre-Dame de Paris", de Gérard de Nerval</title>
            <itunes:title>"Notre-Dame de Paris", de Gérard de Nerval</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 08 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Marine lit "Notre-Dame de Paris", de Gérard de Nerval.</p><p><br></p><p>"Notre-Dame est bien vieille&nbsp;: on la verra peut-être</p><p>Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître&nbsp;;</p><p>Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher</p><p>Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,</p><p>Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde</p><p>Rongera tristement ses vieux os de rocher&nbsp;!</p><p><br></p><p>Bien des hommes, de tous les pays de la terre</p><p>Viendront, pour contempler cette ruine austère,</p><p>Rêveurs, et relisant le livre de Victor&nbsp;:</p><p>— Alors ils croiront voir la vieille basilique,</p><p>Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,</p><p>Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort&nbsp;!"</p><p><br></p><p>Gérard de Nerval,&nbsp;<em>Odelettes</em>&nbsp;(1834)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Marine lit "Notre-Dame de Paris", de Gérard de Nerval.</p><p><br></p><p>"Notre-Dame est bien vieille&nbsp;: on la verra peut-être</p><p>Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître&nbsp;;</p><p>Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher</p><p>Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,</p><p>Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde</p><p>Rongera tristement ses vieux os de rocher&nbsp;!</p><p><br></p><p>Bien des hommes, de tous les pays de la terre</p><p>Viendront, pour contempler cette ruine austère,</p><p>Rêveurs, et relisant le livre de Victor&nbsp;:</p><p>— Alors ils croiront voir la vieille basilique,</p><p>Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,</p><p>Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort&nbsp;!"</p><p><br></p><p>Gérard de Nerval,&nbsp;<em>Odelettes</em>&nbsp;(1834)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Mes Vers fuiraient", de Victor Hugo</title>
            <itunes:title>"Mes Vers fuiraient", de Victor Hugo</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 07 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Noémie Morgen lit le poème de Victor Hugo, "Mes Vers fuiraient"</p><p><br></p><p>"Mes vers fuiraient, doux et frêles,</p><p>Vers votre jardin si beau,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'oiseau.</p><p><br></p><p>Il voleraient, étincelles,</p><p>Vers votre foyer qui rit,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'esprit.</p><p><br></p><p>Près de vous, purs et fidèles,</p><p>Ils accourraient nuit et jour,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'amour."</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Noémie Morgen lit le poème de Victor Hugo, "Mes Vers fuiraient"</p><p><br></p><p>"Mes vers fuiraient, doux et frêles,</p><p>Vers votre jardin si beau,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'oiseau.</p><p><br></p><p>Il voleraient, étincelles,</p><p>Vers votre foyer qui rit,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'esprit.</p><p><br></p><p>Près de vous, purs et fidèles,</p><p>Ils accourraient nuit et jour,</p><p>Si mes vers avaient des ailes,</p><p>Des ailes comme l'amour."</p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>Les Lettres de mon moulin : "Les trois messes basses", d'Alphonse Daudet</title>
            <itunes:title>Les Lettres de mon moulin : "Les trois messes basses", d'Alphonse Daudet</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 06 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne-Laure lit dans cet épisode une partie des <em>Lettres de mon moulin</em>, d'Alphonse Daudet, intitulée "Les trois messes basses"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Laure lit dans cet épisode une partie des <em>Lettres de mon moulin</em>, d'Alphonse Daudet, intitulée "Les trois messes basses"</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Voyage", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"Le Voyage", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 03 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Léa lit le poème de Charles Baudelaire, "Le Voyage"</p><p><br></p><p>"À Maxime Du Camp</p><p>I</p><p>Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,</p><p>L’univers est égal à son vaste appétit.</p><p>Ah&nbsp;! que le monde est grand à la clarté des lampes&nbsp;!</p><p>Aux yeux du souvenir que le monde est petit&nbsp;!</p><p><br></p><p>Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,</p><p>Le cœur gros de rancune et de désirs amers,</p><p>Et nous allons, suivant le rythme de la lame,</p><p>Berçant notre infini sur le fini des mers&nbsp;:</p><p><br></p><p>Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme&nbsp;;</p><p>D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,</p><p>Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,</p><p>La Circé tyrannique aux dangereux parfums.</p><p><br></p><p>Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent</p><p>D’espace et de lumière et de cieux embrasés&nbsp;;</p><p>La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,</p><p>Effacent lentement la marque des baisers.</p><p><br></p><p>Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent</p><p>Pour partir&nbsp;; cœurs légers, semblables aux ballons,</p><p>De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,</p><p>Et sans savoir pourquoi, disent toujours&nbsp;: Allons&nbsp;!</p><p><br></p><p>Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,</p><p>Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,</p><p>De vastes voluptés, changeantes, inconnues,</p><p>Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom&nbsp;!</p><p><br></p><p>II</p><p>Nous imitons, horreur&nbsp;! la toupie et la boule</p><p>Dans leur valse et leurs bonds&nbsp;; même dans nos sommeils</p><p>La Curiosité nous tourmente et nous roule,</p><p>Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.</p><p><br></p><p>Singulière fortune où le but se déplace,</p><p>Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où&nbsp;!</p><p>Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,</p><p>Pour trouver le repos court toujours comme un fou&nbsp;!</p><p><br></p><p>Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie&nbsp;;</p><p>Une voix retentit sur le pont&nbsp;: « Ouvre l’œil&nbsp;! »</p><p>Une voix de la hune, ardente et folle, crie&nbsp;:</p><p>« Amour… gloire… bonheur&nbsp;! » Enfer&nbsp;! c’est un écueil&nbsp;!</p><p><br></p><p>Chaque îlot signalé par l’homme de vigie</p><p>Est un Eldorado promis par le Destin&nbsp;;</p><p>L’Imagination qui dresse son orgie</p><p>Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.</p><p><br></p><p>Ô le pauvre amoureux des pays chimériques&nbsp;!</p><p>Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,</p><p>Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques</p><p><br></p><p>Dont le mirage rend le gouffre plus amer&nbsp;?</p><p>Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,</p><p>Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis&nbsp;;</p><p>Son œil ensorcelé découvre une Capoue</p><p><br></p><p>Partout où la chandelle illumine un taudis.</p><p><br></p><p>III</p><p><br></p><p>Étonnants voyageurs&nbsp;! quelles nobles histoires</p><p>Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers&nbsp;!</p><p>Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,</p><p>Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.</p><p><br></p><p>Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile&nbsp;!</p><p>Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,</p><p>Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,</p><p>Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.</p><p><br></p><p>Dites, qu’avez-vous vu&nbsp;?</p><p><br></p><p>IV</p><p><br></p><p>« Nous avons vu des astres</p><p>Et des flots&nbsp;; nous avons vu des sables aussi&nbsp;;</p><p>Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,</p><p>Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.</p><p><br></p><p>La gloire du soleil sur la mer violette,</p><p>La gloire des cités dans le soleil couchant,</p><p>Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète</p><p>De plonger dans un ciel au reflet alléchant.</p><p><br></p><p>Les plus riches cités, les plus beaux paysages,</p><p>Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux</p><p>De ceux que le hasard fait avec les nuages.</p><p>Et toujours le désir nous rendait soucieux&nbsp;!</p><p><br></p><p>– La jouissance ajoute au désir de la force.</p><p>Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,</p><p>Cependant que grossit et durcit ton écorce,</p><p>Tes branches veulent voir le soleil de plus près&nbsp;!</p><p><br></p><p>Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace</p><p>Que le cyprès&nbsp;? – Pourtant nous avons, avec soin,</p><p>Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,</p><p>Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin&nbsp;!</p><p><br></p><p>Nous avons salué des idoles à trompe&nbsp;;</p><p>Des trônes constellés de joyaux lumineux&nbsp;;</p><p>Des palais ouvragés dont la féerique pompe</p><p>Serait pour vos banquiers un rêve ruineux&nbsp;;</p><p><br></p><p>Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse&nbsp;;</p><p>Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,</p><p>Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »</p><p><br></p><p>V</p><p><br></p><p>Et puis, et puis encore&nbsp;?</p><p><br></p><p>VI</p><p>« Ô cerveaux enfantins&nbsp;!</p><p>Pour ne pas oublier la chose capitale,</p><p>Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,</p><p>Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,</p><p><br></p><p>Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché&nbsp;:</p><p>La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,</p><p>Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût&nbsp;;</p><p>L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,</p><p><br></p><p>Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout&nbsp;;</p><p>Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote&nbsp;;</p><p>La fête qu’assaisonne et parfume le sang&nbsp;;</p><p>Le poison du pouvoir énervant le despote,</p><p><br></p><p>Et le peuple amoureux du fouet abrutissant&nbsp;;</p><p>Plusieurs religions semblables à la nôtre,</p><p>Toutes escaladant le ciel&nbsp;; la Sainteté,</p><p>Comme en un lit de plume un délicat se vautre,</p><p><br></p><p>Dans les clous et le crin cherchant la volupté&nbsp;;</p><p>L’Humanité bavarde, ivre de son génie,</p><p>Et, folle maintenant comme elle était jadis,</p><p>Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie&nbsp;:</p><p><br></p><p>« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis&nbsp;! »</p><p>Et les moins sots, hardis amants de la Démence,</p><p>Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,</p><p>Et se réfugiant dans l’opium immense&nbsp;!</p><p><br></p><p>– Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »</p><p><br></p><p>VII</p><p><br></p><p>Amer savoir, celui qu’on tire du voyage&nbsp;!</p><p>Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,</p><p>Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image&nbsp;:</p><p>Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui&nbsp;!</p><p><br></p><p>Faut-il partir&nbsp;? rester&nbsp;? Si tu peux rester, reste&nbsp;;</p><p>Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit</p><p>Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,</p><p>Le Temps&nbsp;! Il est, hélas&nbsp;! des coureurs sans répit,</p><p><br></p><p>Comme le Juif errant et comme les apôtres,</p><p>À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,</p><p>Pour fuir ce rétiaire infâme&nbsp;: il en est d’autres</p><p>Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.</p><p><br></p><p>Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,</p><p>Nous pourrons espérer et crier&nbsp;: En avant&nbsp;!</p><p>De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,</p><p>Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,</p><p><br></p><p>Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres</p><p>Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.</p><p>Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,</p><p>Qui chantent&nbsp;: « Par ici&nbsp;! vous qui voulez manger</p><p><br></p><p>Le Lotus parfumé&nbsp;! c’est ici qu’on vendange</p><p>Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim&nbsp;;</p><p>Venez vous enivrer de la douceur étrange</p><p>De cette après-midi qui n’a jamais de fin&nbsp;! »</p><p><br></p><p>À l’accent familier nous devinons le spectre&nbsp;;</p><p>Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.</p><p>« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre&nbsp;! »</p><p>Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.</p><p><br></p><p>VIII</p><p><br></p><p>Ô Mort, vieux capitaine, il est temps&nbsp;! levons l’ancre&nbsp;!</p><p>Ce pays nous ennuie, ô Mort&nbsp;! Appareillons&nbsp;!</p><p>Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,</p><p>Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons&nbsp;!</p><p><br></p><p>Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte&nbsp;!</p><p>Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,</p><p>Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe&nbsp;?</p><p>Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau&nbsp;!</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Léa lit le poème de Charles Baudelaire, "Le Voyage"</p><p><br></p><p>"À Maxime Du Camp</p><p>I</p><p>Pour l’enfant, amoureux de cartes et d’estampes,</p><p>L’univers est égal à son vaste appétit.</p><p>Ah&nbsp;! que le monde est grand à la clarté des lampes&nbsp;!</p><p>Aux yeux du souvenir que le monde est petit&nbsp;!</p><p><br></p><p>Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,</p><p>Le cœur gros de rancune et de désirs amers,</p><p>Et nous allons, suivant le rythme de la lame,</p><p>Berçant notre infini sur le fini des mers&nbsp;:</p><p><br></p><p>Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme&nbsp;;</p><p>D’autres, l’horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,</p><p>Astrologues noyés dans les yeux d’une femme,</p><p>La Circé tyrannique aux dangereux parfums.</p><p><br></p><p>Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent</p><p>D’espace et de lumière et de cieux embrasés&nbsp;;</p><p>La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,</p><p>Effacent lentement la marque des baisers.</p><p><br></p><p>Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent</p><p>Pour partir&nbsp;; cœurs légers, semblables aux ballons,</p><p>De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,</p><p>Et sans savoir pourquoi, disent toujours&nbsp;: Allons&nbsp;!</p><p><br></p><p>Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,</p><p>Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,</p><p>De vastes voluptés, changeantes, inconnues,</p><p>Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom&nbsp;!</p><p><br></p><p>II</p><p>Nous imitons, horreur&nbsp;! la toupie et la boule</p><p>Dans leur valse et leurs bonds&nbsp;; même dans nos sommeils</p><p>La Curiosité nous tourmente et nous roule,</p><p>Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.</p><p><br></p><p>Singulière fortune où le but se déplace,</p><p>Et, n’étant nulle part, peut être n’importe où&nbsp;!</p><p>Où l’Homme, dont jamais l’espérance n’est lasse,</p><p>Pour trouver le repos court toujours comme un fou&nbsp;!</p><p><br></p><p>Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie&nbsp;;</p><p>Une voix retentit sur le pont&nbsp;: « Ouvre l’œil&nbsp;! »</p><p>Une voix de la hune, ardente et folle, crie&nbsp;:</p><p>« Amour… gloire… bonheur&nbsp;! » Enfer&nbsp;! c’est un écueil&nbsp;!</p><p><br></p><p>Chaque îlot signalé par l’homme de vigie</p><p>Est un Eldorado promis par le Destin&nbsp;;</p><p>L’Imagination qui dresse son orgie</p><p>Ne trouve qu’un récif aux clartés du matin.</p><p><br></p><p>Ô le pauvre amoureux des pays chimériques&nbsp;!</p><p>Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,</p><p>Ce matelot ivrogne, inventeur d’Amériques</p><p><br></p><p>Dont le mirage rend le gouffre plus amer&nbsp;?</p><p>Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,</p><p>Rêve, le nez en l’air, de brillants paradis&nbsp;;</p><p>Son œil ensorcelé découvre une Capoue</p><p><br></p><p>Partout où la chandelle illumine un taudis.</p><p><br></p><p>III</p><p><br></p><p>Étonnants voyageurs&nbsp;! quelles nobles histoires</p><p>Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers&nbsp;!</p><p>Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,</p><p>Ces bijoux merveilleux, faits d’astres et d’éthers.</p><p><br></p><p>Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile&nbsp;!</p><p>Faites, pour égayer l’ennui de nos prisons,</p><p>Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,</p><p>Vos souvenirs avec leurs cadres d’horizons.</p><p><br></p><p>Dites, qu’avez-vous vu&nbsp;?</p><p><br></p><p>IV</p><p><br></p><p>« Nous avons vu des astres</p><p>Et des flots&nbsp;; nous avons vu des sables aussi&nbsp;;</p><p>Et, malgré bien des chocs et d’imprévus désastres,</p><p>Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.</p><p><br></p><p>La gloire du soleil sur la mer violette,</p><p>La gloire des cités dans le soleil couchant,</p><p>Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète</p><p>De plonger dans un ciel au reflet alléchant.</p><p><br></p><p>Les plus riches cités, les plus beaux paysages,</p><p>Jamais ne contenaient l’attrait mystérieux</p><p>De ceux que le hasard fait avec les nuages.</p><p>Et toujours le désir nous rendait soucieux&nbsp;!</p><p><br></p><p>– La jouissance ajoute au désir de la force.</p><p>Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d’engrais,</p><p>Cependant que grossit et durcit ton écorce,</p><p>Tes branches veulent voir le soleil de plus près&nbsp;!</p><p><br></p><p>Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace</p><p>Que le cyprès&nbsp;? – Pourtant nous avons, avec soin,</p><p>Cueilli quelques croquis pour votre album vorace,</p><p>Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin&nbsp;!</p><p><br></p><p>Nous avons salué des idoles à trompe&nbsp;;</p><p>Des trônes constellés de joyaux lumineux&nbsp;;</p><p>Des palais ouvragés dont la féerique pompe</p><p>Serait pour vos banquiers un rêve ruineux&nbsp;;</p><p><br></p><p>Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse&nbsp;;</p><p>Des femmes dont les dents et les ongles sont teints,</p><p>Et des jongleurs savants que le serpent caresse. »</p><p><br></p><p>V</p><p><br></p><p>Et puis, et puis encore&nbsp;?</p><p><br></p><p>VI</p><p>« Ô cerveaux enfantins&nbsp;!</p><p>Pour ne pas oublier la chose capitale,</p><p>Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,</p><p>Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,</p><p><br></p><p>Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché&nbsp;:</p><p>La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,</p><p>Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût&nbsp;;</p><p>L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,</p><p><br></p><p>Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout&nbsp;;</p><p>Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote&nbsp;;</p><p>La fête qu’assaisonne et parfume le sang&nbsp;;</p><p>Le poison du pouvoir énervant le despote,</p><p><br></p><p>Et le peuple amoureux du fouet abrutissant&nbsp;;</p><p>Plusieurs religions semblables à la nôtre,</p><p>Toutes escaladant le ciel&nbsp;; la Sainteté,</p><p>Comme en un lit de plume un délicat se vautre,</p><p><br></p><p>Dans les clous et le crin cherchant la volupté&nbsp;;</p><p>L’Humanité bavarde, ivre de son génie,</p><p>Et, folle maintenant comme elle était jadis,</p><p>Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie&nbsp;:</p><p><br></p><p>« Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis&nbsp;! »</p><p>Et les moins sots, hardis amants de la Démence,</p><p>Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,</p><p>Et se réfugiant dans l’opium immense&nbsp;!</p><p><br></p><p>– Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »</p><p><br></p><p>VII</p><p><br></p><p>Amer savoir, celui qu’on tire du voyage&nbsp;!</p><p>Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,</p><p>Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image&nbsp;:</p><p>Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui&nbsp;!</p><p><br></p><p>Faut-il partir&nbsp;? rester&nbsp;? Si tu peux rester, reste&nbsp;;</p><p>Pars, s’il le faut. L’un court, et l’autre se tapit</p><p>Pour tromper l’ennemi vigilant et funeste,</p><p>Le Temps&nbsp;! Il est, hélas&nbsp;! des coureurs sans répit,</p><p><br></p><p>Comme le Juif errant et comme les apôtres,</p><p>À qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,</p><p>Pour fuir ce rétiaire infâme&nbsp;: il en est d’autres</p><p>Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.</p><p><br></p><p>Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,</p><p>Nous pourrons espérer et crier&nbsp;: En avant&nbsp;!</p><p>De même qu’autrefois nous partions pour la Chine,</p><p>Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,</p><p><br></p><p>Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres</p><p>Avec le cœur joyeux d’un jeune passager.</p><p>Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,</p><p>Qui chantent&nbsp;: « Par ici&nbsp;! vous qui voulez manger</p><p><br></p><p>Le Lotus parfumé&nbsp;! c’est ici qu’on vendange</p><p>Les fruits miraculeux dont votre cœur a faim&nbsp;;</p><p>Venez vous enivrer de la douceur étrange</p><p>De cette après-midi qui n’a jamais de fin&nbsp;! »</p><p><br></p><p>À l’accent familier nous devinons le spectre&nbsp;;</p><p>Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.</p><p>« Pour rafraîchir ton cœur nage vers ton Électre&nbsp;! »</p><p>Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.</p><p><br></p><p>VIII</p><p><br></p><p>Ô Mort, vieux capitaine, il est temps&nbsp;! levons l’ancre&nbsp;!</p><p>Ce pays nous ennuie, ô Mort&nbsp;! Appareillons&nbsp;!</p><p>Si le ciel et la mer sont noirs comme de l’encre,</p><p>Nos cœurs que tu connais sont remplis de rayons&nbsp;!</p><p><br></p><p>Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte&nbsp;!</p><p>Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,</p><p>Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe&nbsp;?</p><p>Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau&nbsp;!</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Vin perdu", de Paul Valery</title>
            <itunes:title>"Le Vin perdu", de Paul Valery</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 02 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Ambre Rouvière lit "Le Vin perdu", le poème de Paul Valéry</p><p><br></p><p>"J’ai, quelque jour, dans l’Océan,</p><p>(Mais je ne sais plus sous quels cieux),</p><p>Jeté, comme offrande au néant,</p><p>Tout un peu de vin précieux…</p><p><br></p><p>Qui voulut ta perte, ô liqueur&nbsp;?</p><p>J’obéis peut-être au devin&nbsp;?</p><p>Peut-être au souci de mon cœur,</p><p>Songeant au sang, versant le vin,</p><p><br></p><p>Sa transparence accoutumée</p><p>Après une rose fumée</p><p>Reprit aussi pure la mer…</p><p><br></p><p>Perdu ce vin, ivres les ondes&nbsp;!…</p><p>J’ai vu bondir dans l’air amer</p><p>Les figures les plus profondes…"</p><p><br></p><p><em>Charmes</em>, 1922</p><p><br></p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Ambre Rouvière lit "Le Vin perdu", le poème de Paul Valéry</p><p><br></p><p>"J’ai, quelque jour, dans l’Océan,</p><p>(Mais je ne sais plus sous quels cieux),</p><p>Jeté, comme offrande au néant,</p><p>Tout un peu de vin précieux…</p><p><br></p><p>Qui voulut ta perte, ô liqueur&nbsp;?</p><p>J’obéis peut-être au devin&nbsp;?</p><p>Peut-être au souci de mon cœur,</p><p>Songeant au sang, versant le vin,</p><p><br></p><p>Sa transparence accoutumée</p><p>Après une rose fumée</p><p>Reprit aussi pure la mer…</p><p><br></p><p>Perdu ce vin, ivres les ondes&nbsp;!…</p><p>J’ai vu bondir dans l’air amer</p><p>Les figures les plus profondes…"</p><p><br></p><p><em>Charmes</em>, 1922</p><p><br></p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Serment", de Marceline Desborde-Valmore</title>
            <itunes:title>"Le Serment", de Marceline Desborde-Valmore</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 01 Feb 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne-Sophie lit le poème de Marceline Desborde-Valmore, "Le Serment"</p><p><br></p><p>"Idole de ma vie,</p><p>Mon tourment, mon plaisir,</p><p>Dis-moi si ton envie</p><p>S'accorde à mon désir ?</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Donne-moi l'espérance ;</p><p>Je te l'offre en retour.</p><p>Apprends-moi la constance ;</p><p>Je t'apprendrai l'amour.</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Sois d'un cœur qui t'adore</p><p>L'unique souvenir ;</p><p>Je te promets encore</p><p>Ce que j'ai d'avenir.</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Vers ton âme attirée</p><p>Par le plus doux transport,</p><p>Sur ta bouche adorée</p><p>Laisse-moi dire encor :</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours."</p><p><br></p><p><em>Romances </em>(1830)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Sophie lit le poème de Marceline Desborde-Valmore, "Le Serment"</p><p><br></p><p>"Idole de ma vie,</p><p>Mon tourment, mon plaisir,</p><p>Dis-moi si ton envie</p><p>S'accorde à mon désir ?</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Donne-moi l'espérance ;</p><p>Je te l'offre en retour.</p><p>Apprends-moi la constance ;</p><p>Je t'apprendrai l'amour.</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Sois d'un cœur qui t'adore</p><p>L'unique souvenir ;</p><p>Je te promets encore</p><p>Ce que j'ai d'avenir.</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours.</p><p><br></p><p>Vers ton âme attirée</p><p>Par le plus doux transport,</p><p>Sur ta bouche adorée</p><p>Laisse-moi dire encor :</p><p>Comme je t'aime en mes beaux jours,</p><p>Je veux t'aimer toujours."</p><p><br></p><p><em>Romances </em>(1830)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Mot", de Victor Hugo</title>
            <itunes:title>"Le Mot", de Victor Hugo</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 31 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Jean-Marc lit "Le Mot", un poème de Victor Hugo</p><p><br></p><p>"Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites&nbsp;!</p><p>Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes&nbsp;;</p><p>TOUT, la haine et le deuil&nbsp;!</p><p>Et ne m’objectez pas que vos amis sont sûrs</p><p>Et que vous parlez bas.</p><p>Ecoutez bien ceci&nbsp;:</p><p>Tête-à-tête, en pantoufle,</p><p>Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,</p><p>Vous dites à l’oreille du plus mystérieux</p><p>De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,</p><p>Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,</p><p>Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,</p><p>Un mot désagréable à quelque individu.</p><p>Ce MOT — que vous croyez que l’on n’a pas entendu,</p><p>Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —</p><p>Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre&nbsp;;</p><p>Tenez, il est dehors&nbsp;! Il connaît son chemin&nbsp;;</p><p>Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,</p><p>De bons souliers ferrés, un passeport en règle&nbsp;;</p><p>Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle&nbsp;!</p><p>Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera&nbsp;;</p><p>Il suit le quai, franchit la place, et cætera</p><p>Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,</p><p>Et va, tout à travers un dédale de rues,</p><p>Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.</p><p>Il sait le numéro, l’étage&nbsp;; il a la clé,</p><p>Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive</p><p>Et railleur, regardant l’homme en face dit&nbsp;:</p><p>“Me voilà&nbsp;! Je sors de la bouche d’un tel.”</p><p>Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel."</p><p><br></p><p>Victor Hugo, <em>Toute la Lyre</em>, 1888</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Marc lit "Le Mot", un poème de Victor Hugo</p><p><br></p><p>"Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites&nbsp;!</p><p>Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes&nbsp;;</p><p>TOUT, la haine et le deuil&nbsp;!</p><p>Et ne m’objectez pas que vos amis sont sûrs</p><p>Et que vous parlez bas.</p><p>Ecoutez bien ceci&nbsp;:</p><p>Tête-à-tête, en pantoufle,</p><p>Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,</p><p>Vous dites à l’oreille du plus mystérieux</p><p>De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,</p><p>Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,</p><p>Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,</p><p>Un mot désagréable à quelque individu.</p><p>Ce MOT — que vous croyez que l’on n’a pas entendu,</p><p>Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —</p><p>Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre&nbsp;;</p><p>Tenez, il est dehors&nbsp;! Il connaît son chemin&nbsp;;</p><p>Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,</p><p>De bons souliers ferrés, un passeport en règle&nbsp;;</p><p>Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle&nbsp;!</p><p>Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera&nbsp;;</p><p>Il suit le quai, franchit la place, et cætera</p><p>Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,</p><p>Et va, tout à travers un dédale de rues,</p><p>Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.</p><p>Il sait le numéro, l’étage&nbsp;; il a la clé,</p><p>Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive</p><p>Et railleur, regardant l’homme en face dit&nbsp;:</p><p>“Me voilà&nbsp;! Je sors de la bouche d’un tel.”</p><p>Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel."</p><p><br></p><p>Victor Hugo, <em>Toute la Lyre</em>, 1888</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>CULTURE,poésie,littérature</itunes:keywords>
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            <title>"L'Albatros", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"L'Albatros", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 30 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Claire lit le poème de Charles Baudelaire, "L'Albatros"</p><p><br></p><p>"Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage</p><p>Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,</p><p>Qui suivent, indolents compagnons de voyage,</p><p>Le navire glissant sur les gouffres amers.</p><p><br></p><p>A peine les ont-ils déposés sur les planches,</p><p>Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,</p><p>Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches</p><p>Comme des avirons traîner à côté d’eux.</p><p><br></p><p>Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !</p><p>Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !</p><p>L’un agace son bec avec un brûle-gueule,</p><p>L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !</p><p><br></p><p>Le Poète est semblable au prince des nuées</p><p>Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;</p><p>Exilé sur le sol au milieu des huées,</p><p>Ses ailes de géant l’empêchent de marcher."</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, <em>Les Fleurs du mal</em>, 1861</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Claire lit le poème de Charles Baudelaire, "L'Albatros"</p><p><br></p><p>"Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage</p><p>Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,</p><p>Qui suivent, indolents compagnons de voyage,</p><p>Le navire glissant sur les gouffres amers.</p><p><br></p><p>A peine les ont-ils déposés sur les planches,</p><p>Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,</p><p>Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches</p><p>Comme des avirons traîner à côté d’eux.</p><p><br></p><p>Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !</p><p>Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !</p><p>L’un agace son bec avec un brûle-gueule,</p><p>L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !</p><p><br></p><p>Le Poète est semblable au prince des nuées</p><p>Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;</p><p>Exilé sur le sol au milieu des huées,</p><p>Ses ailes de géant l’empêchent de marcher."</p><p><br></p><p>Charles Baudelaire, <em>Les Fleurs du mal</em>, 1861</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Femme et chatte", de Paul Verlaine</title>
            <itunes:title>"Femme et chatte", de Paul Verlaine</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 27 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne-Laure lit le poème de Paul Verlaine, "Femme et chatte"</p><p><br></p><p>"Elle jouait avec sa chatte,</p><p>Et c’était merveille de voir</p><p>La main blanche et la blanche patte</p><p>S’ébattre dans l’ombre du soir.</p><p><br></p><p>Elle cachait – la scélérate&nbsp;! –</p><p>Sous ces mitaines de fil noir</p><p>Ses meurtriers ongles d’agate,</p><p>Coupants et clairs comme un rasoir.</p><p><br></p><p>L’autre aussi faisait la sucrée</p><p>Et rentrait sa griffe acérée,</p><p>Mais le diable n’y perdait rien…</p><p><br></p><p>Et dans le boudoir où, sonore,</p><p>Tintait son rire aérien,</p><p>Brillaient quatre points de phosphore."</p><p><br></p><p>Paul Verlaine,&nbsp;<em>Poèmes saturniens</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne-Laure lit le poème de Paul Verlaine, "Femme et chatte"</p><p><br></p><p>"Elle jouait avec sa chatte,</p><p>Et c’était merveille de voir</p><p>La main blanche et la blanche patte</p><p>S’ébattre dans l’ombre du soir.</p><p><br></p><p>Elle cachait – la scélérate&nbsp;! –</p><p>Sous ces mitaines de fil noir</p><p>Ses meurtriers ongles d’agate,</p><p>Coupants et clairs comme un rasoir.</p><p><br></p><p>L’autre aussi faisait la sucrée</p><p>Et rentrait sa griffe acérée,</p><p>Mais le diable n’y perdait rien…</p><p><br></p><p>Et dans le boudoir où, sonore,</p><p>Tintait son rire aérien,</p><p>Brillaient quatre points de phosphore."</p><p><br></p><p>Paul Verlaine,&nbsp;<em>Poèmes saturniens</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Aux Femmes", de Louise Ackermann</title>
            <itunes:title>"Aux Femmes", de Louise Ackermann</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 26 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Margaux lit le poème de Louise Ackermann, "Aux Femmes"</p><p><br></p><p>"S’il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,</p><p>Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,</p><p>Si, dans le sentier rude avançant lentement,</p><p>Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,</p><p>Si c’était la Bonté sous les cieux descendue,</p><p>Vers tous les malheureux la main toujours tendue,</p><p>Si l’époux, si l’enfant à ce cœur ont puisé,</p><p>Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,</p><p>Femmes, enviez-la. Tandis que dans la foule</p><p>Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,</p><p>Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,</p><p>Elle a sa foi, son but et son labeur donné.</p><p>Enviez-la. Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle</p><p>Que l’homme à son secours incessamment appelle,</p><p>Sa joie et son appui, son trésor sous les cieux,</p><p>Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,</p><p>La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène</p><p>Vers cette arche en danger de la famille humaine,</p><p>Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,</p><p>Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.</p><p>Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,</p><p>Elle a sa foi, son but et son labeur donné.</p><p>Enviez-la&nbsp;! Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle</p><p>Que l’homme à son secours incessamment appelle,</p><p>Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux,</p><p>Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,</p><p>La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène</p><p>Vers cette arche en danger de la famille humaine,</p><p>Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,</p><p>Pour branche d’olivier a rapporté l’amour."</p><p><br></p><p>Paris, 1835</p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Premières poésies, 1871</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Margaux lit le poème de Louise Ackermann, "Aux Femmes"</p><p><br></p><p>"S’il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,</p><p>Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,</p><p>Si, dans le sentier rude avançant lentement,</p><p>Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,</p><p>Si c’était la Bonté sous les cieux descendue,</p><p>Vers tous les malheureux la main toujours tendue,</p><p>Si l’époux, si l’enfant à ce cœur ont puisé,</p><p>Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,</p><p>Femmes, enviez-la. Tandis que dans la foule</p><p>Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,</p><p>Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,</p><p>Elle a sa foi, son but et son labeur donné.</p><p>Enviez-la. Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle</p><p>Que l’homme à son secours incessamment appelle,</p><p>Sa joie et son appui, son trésor sous les cieux,</p><p>Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,</p><p>La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène</p><p>Vers cette arche en danger de la famille humaine,</p><p>Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,</p><p>Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.</p><p>Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,</p><p>Elle a sa foi, son but et son labeur donné.</p><p>Enviez-la&nbsp;! Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle</p><p>Que l’homme à son secours incessamment appelle,</p><p>Sa joie et son espoir, son rayon sous les cieux,</p><p>Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,</p><p>La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène</p><p>Vers cette arche en danger de la famille humaine,</p><p>Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,</p><p>Pour branche d’olivier a rapporté l’amour."</p><p><br></p><p>Paris, 1835</p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Premières poésies, 1871</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"La Géante", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"La Géante", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 25 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Baudelaire, "La Géante"</p><p><br></p><p>"Du temps que la Nature en sa verve puissante</p><p>Concevait chaque jour des enfants monstrueux,</p><p>J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,</p><p>Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.</p><p><br></p><p>J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme</p><p>Et grandir librement dans ses terribles jeux ;</p><p>Deviner si son cœur couve une sombre flamme</p><p>Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;</p><p><br></p><p>Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;</p><p>Ramper sur le versant de ses genoux énormes,</p><p>Et parfois en été, quand les soleils malsains,</p><p><br></p><p>Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,</p><p>Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,</p><p>Comme un hameau paisible au pied d’une montagne."</p><p><br></p><p>"La Géante", <em>Les Fleurs du mal</em>, 1857</p><p><br></p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Thomas lit le poème de Baudelaire, "La Géante"</p><p><br></p><p>"Du temps que la Nature en sa verve puissante</p><p>Concevait chaque jour des enfants monstrueux,</p><p>J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,</p><p>Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.</p><p><br></p><p>J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme</p><p>Et grandir librement dans ses terribles jeux ;</p><p>Deviner si son cœur couve une sombre flamme</p><p>Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux ;</p><p><br></p><p>Parcourir à loisir ses magnifiques formes ;</p><p>Ramper sur le versant de ses genoux énormes,</p><p>Et parfois en été, quand les soleils malsains,</p><p><br></p><p>Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,</p><p>Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,</p><p>Comme un hameau paisible au pied d’une montagne."</p><p><br></p><p>"La Géante", <em>Les Fleurs du mal</em>, 1857</p><p><br></p><p><br></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L'Amour", d'Adélaïde Dufrénoy</title>
            <itunes:title>"L'Amour", d'Adélaïde Dufrénoy</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 24 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Céline lit le poème d'Adélaïde Dufrénoy, "L'Amour"</p><p><br></p><p>"Passer ses jours à désirer,</p><p>Sans trop savoir ce qu’on désire&nbsp;;</p><p>Au même instant rire et pleurer,</p><p>Sans raison de pleurer et sans raison de rire&nbsp;;</p><p>Redouter le matin et le soir souhaiter</p><p>D’avoir toujours droit de se plaindre&nbsp;;</p><p>Craindre quand on doit se flatter,</p><p>Et se flatter quand on doit craindre&nbsp;;</p><p>Adorer, haïr son tourment&nbsp;;</p><p>À la fois s’effrayer, se jouer des entraves&nbsp;;</p><p>Glisser légèrement sur les affaires graves,</p><p>Pour traiter un rien gravement&nbsp;;</p><p>Se montrer tour à tour dissimulé, sincère,</p><p>Timide, audacieux, crédule, méfiant&nbsp;;</p><p>Trembler, en tout sacrifiant,</p><p>De n’en point encore assez faire&nbsp;;</p><p>Soupçonner les amis qu’on devrait estimer&nbsp;;</p><p>Être le jour, la nuit, en guerre avec soi-même&nbsp;;</p><p>Voilà ce qu’on se plaint de sentir quand on aime,</p><p>Et de ne plus sentir quand on cesse d’aimer."</p><p>Adélaïde Dufrénoy,&nbsp;<em>Élégies et poésies diverses (1813)</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Céline lit le poème d'Adélaïde Dufrénoy, "L'Amour"</p><p><br></p><p>"Passer ses jours à désirer,</p><p>Sans trop savoir ce qu’on désire&nbsp;;</p><p>Au même instant rire et pleurer,</p><p>Sans raison de pleurer et sans raison de rire&nbsp;;</p><p>Redouter le matin et le soir souhaiter</p><p>D’avoir toujours droit de se plaindre&nbsp;;</p><p>Craindre quand on doit se flatter,</p><p>Et se flatter quand on doit craindre&nbsp;;</p><p>Adorer, haïr son tourment&nbsp;;</p><p>À la fois s’effrayer, se jouer des entraves&nbsp;;</p><p>Glisser légèrement sur les affaires graves,</p><p>Pour traiter un rien gravement&nbsp;;</p><p>Se montrer tour à tour dissimulé, sincère,</p><p>Timide, audacieux, crédule, méfiant&nbsp;;</p><p>Trembler, en tout sacrifiant,</p><p>De n’en point encore assez faire&nbsp;;</p><p>Soupçonner les amis qu’on devrait estimer&nbsp;;</p><p>Être le jour, la nuit, en guerre avec soi-même&nbsp;;</p><p>Voilà ce qu’on se plaint de sentir quand on aime,</p><p>Et de ne plus sentir quand on cesse d’aimer."</p><p>Adélaïde Dufrénoy,&nbsp;<em>Élégies et poésies diverses (1813)</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"La cigale et la fourmi", de Jean de La Fontaine</title>
            <itunes:title>"La cigale et la fourmi", de Jean de La Fontaine</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 23 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Laura lit le poème de Jean de La Fontaine, "La cigale et la fourmi"</p><p><br></p><p>"La Cigale, ayant chanté</p><p>Tout l'été,</p><p>Se trouva fort dépourvue</p><p>Quand la bise fut venue :</p><p>Pas un seul petit morceau</p><p>De mouche ou de vermisseau.</p><p>Elle alla crier famine</p><p>Chez la Fourmi sa voisine,</p><p>La priant de lui prêter</p><p>Quelque grain pour subsister</p><p>Jusqu'à la saison nouvelle.</p><p>« Je vous paierai, lui dit-elle,</p><p>Avant l'Oût, foi d'animal,</p><p>Intérêt et principal. »</p><p>La Fourmi n'est pas prêteuse :</p><p>C'est là son moindre défaut.</p><p>« Que faisiez-vous au temps chaud ?</p><p>Dit-elle à cette emprunteuse.</p><p>— Nuit et jour à tout venant</p><p>Je chantais, ne vous déplaise.</p><p>— Vous chantiez ? J’en suis fort aise.</p><p>Eh bien ! Dansez maintenant."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Laura lit le poème de Jean de La Fontaine, "La cigale et la fourmi"</p><p><br></p><p>"La Cigale, ayant chanté</p><p>Tout l'été,</p><p>Se trouva fort dépourvue</p><p>Quand la bise fut venue :</p><p>Pas un seul petit morceau</p><p>De mouche ou de vermisseau.</p><p>Elle alla crier famine</p><p>Chez la Fourmi sa voisine,</p><p>La priant de lui prêter</p><p>Quelque grain pour subsister</p><p>Jusqu'à la saison nouvelle.</p><p>« Je vous paierai, lui dit-elle,</p><p>Avant l'Oût, foi d'animal,</p><p>Intérêt et principal. »</p><p>La Fourmi n'est pas prêteuse :</p><p>C'est là son moindre défaut.</p><p>« Que faisiez-vous au temps chaud ?</p><p>Dit-elle à cette emprunteuse.</p><p>— Nuit et jour à tout venant</p><p>Je chantais, ne vous déplaise.</p><p>— Vous chantiez ? J’en suis fort aise.</p><p>Eh bien ! Dansez maintenant."</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Janvier", de François Coppée</title>
            <itunes:title>"Janvier", de François Coppée</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 20 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Philipp lit "Janvier", de François Coppée.</p><p><br></p><p>"Janvier</p><p><br></p><p>Songes-tu parfois, bien-aimée,</p><p>Assise près du foyer clair,</p><p>Lorsque sous la porte fermée</p><p>Gémit la bise de l’hiver,</p><p><br></p><p>Qu’après cette automne clémente,</p><p>Les oiseaux, cher peuple étourdi,</p><p>Trop tard, par un jour de tourmente,</p><p>Ont pris leur vol vers le Midi&nbsp;;</p><p><br></p><p>Que leurs ailes, blanches de givre,</p><p>Sont lasses d’avoir voyagé&nbsp;;</p><p>Que sur le long chemin à suivre</p><p>Il a neigé, neigé, neigé&nbsp;;</p><p><br></p><p>Et que, perdus dans la rafale,</p><p>Ils sont là, transis et sans voix,</p><p>Eux dont la chanson triomphale</p><p>Charmait nos courses dans les bois&nbsp;?</p><p><br></p><p>Hélas&nbsp;! comme il faut qu’il en meure</p><p>De ces émigrés grelottants&nbsp;!</p><p>Y songes-tu&nbsp;? Moi, je les pleure,</p><p>Nos chanteurs du dernier printemps.</p><p><br></p><p>Tu parles, ce soir où tu m’aimes,</p><p>Des oiseaux du prochain Avril&nbsp;;</p><p>Mais ce ne seront plus les mêmes,</p><p>Et ton amour attendra-t-il&nbsp;?"</p><p><br></p><p>François Coppée,&nbsp;<em>Les mois, </em>1878</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Philipp lit "Janvier", de François Coppée.</p><p><br></p><p>"Janvier</p><p><br></p><p>Songes-tu parfois, bien-aimée,</p><p>Assise près du foyer clair,</p><p>Lorsque sous la porte fermée</p><p>Gémit la bise de l’hiver,</p><p><br></p><p>Qu’après cette automne clémente,</p><p>Les oiseaux, cher peuple étourdi,</p><p>Trop tard, par un jour de tourmente,</p><p>Ont pris leur vol vers le Midi&nbsp;;</p><p><br></p><p>Que leurs ailes, blanches de givre,</p><p>Sont lasses d’avoir voyagé&nbsp;;</p><p>Que sur le long chemin à suivre</p><p>Il a neigé, neigé, neigé&nbsp;;</p><p><br></p><p>Et que, perdus dans la rafale,</p><p>Ils sont là, transis et sans voix,</p><p>Eux dont la chanson triomphale</p><p>Charmait nos courses dans les bois&nbsp;?</p><p><br></p><p>Hélas&nbsp;! comme il faut qu’il en meure</p><p>De ces émigrés grelottants&nbsp;!</p><p>Y songes-tu&nbsp;? Moi, je les pleure,</p><p>Nos chanteurs du dernier printemps.</p><p><br></p><p>Tu parles, ce soir où tu m’aimes,</p><p>Des oiseaux du prochain Avril&nbsp;;</p><p>Mais ce ne seront plus les mêmes,</p><p>Et ton amour attendra-t-il&nbsp;?"</p><p><br></p><p>François Coppée,&nbsp;<em>Les mois, </em>1878</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Il pleure dans mon coeur", de Paul Verlaine</title>
            <itunes:title>"Il pleure dans mon coeur", de Paul Verlaine</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 19 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Lucyle lit le poème de Paul Verlaine, "Il pleure dans mon coeur"</p><p><br></p><p>"Il pleure dans mon coeur</p><p>Comme il pleut sur la ville&nbsp;;</p><p>Quelle est cette langueur</p><p>Qui pénètre mon coeur&nbsp;?</p><p><br></p><p>Ô bruit doux de la pluie</p><p>Par terre et sur les toits&nbsp;!</p><p>Pour un coeur qui s’ennuie,</p><p>Ô le chant de la pluie&nbsp;!</p><p><br></p><p>Il pleure sans raison</p><p>Dans ce coeur qui s’écoeure.</p><p>Quoi&nbsp;! nulle trahison&nbsp;?…</p><p>Ce deuil est sans raison.</p><p><br></p><p>C’est bien la pire peine</p><p>De ne savoir pourquoi</p><p>Sans amour et sans haine</p><p>Mon coeur a tant de peine&nbsp;!"</p><p><br></p><p>Paul Verlaine, <em>Romances sans paroles </em>(1874)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Lucyle lit le poème de Paul Verlaine, "Il pleure dans mon coeur"</p><p><br></p><p>"Il pleure dans mon coeur</p><p>Comme il pleut sur la ville&nbsp;;</p><p>Quelle est cette langueur</p><p>Qui pénètre mon coeur&nbsp;?</p><p><br></p><p>Ô bruit doux de la pluie</p><p>Par terre et sur les toits&nbsp;!</p><p>Pour un coeur qui s’ennuie,</p><p>Ô le chant de la pluie&nbsp;!</p><p><br></p><p>Il pleure sans raison</p><p>Dans ce coeur qui s’écoeure.</p><p>Quoi&nbsp;! nulle trahison&nbsp;?…</p><p>Ce deuil est sans raison.</p><p><br></p><p>C’est bien la pire peine</p><p>De ne savoir pourquoi</p><p>Sans amour et sans haine</p><p>Mon coeur a tant de peine&nbsp;!"</p><p><br></p><p>Paul Verlaine, <em>Romances sans paroles </em>(1874)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Temps qui passe", d'Angélique Danigo</title>
            <itunes:title>"Le Temps qui passe", d'Angélique Danigo</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 18 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p><p>Angélique Danigo récite son poème, "Le Temps qui passe"</p></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p><p>Angélique Danigo récite son poème, "Le Temps qui passe"</p></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Enivrez-vous", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"Enivrez-vous", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 17 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Sandrine récite le poème de Charles Baudelaire, "Enivrez-vous".</p><p>"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.</p><p>Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!</p><p>Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."</p><p>Charles Baudelaire, <em>Petits Poèmes en prose</em>, 1869</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Sandrine récite le poème de Charles Baudelaire, "Enivrez-vous".</p><p>"Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.</p><p>Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!</p><p>Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."</p><p>Charles Baudelaire, <em>Petits Poèmes en prose</em>, 1869</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Hier au soir", de Victor Hugo</title>
            <itunes:title>"Hier au soir", de Victor Hugo</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 16 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Cornelia lit "Hier au soir" de Victor Hugo.</p><p>"Hier Au Soir</p><p><br></p><p>Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,</p><p>Nous apportait l’odeur des fleurs qui s’ouvrent tard.</p><p>La nuit tombait ; l’oiseau dormait dans l’ombre épaisse.</p><p>Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;</p><p>Les astres rayonnaient, moins que votre regard.</p><p><br></p><p>Moi, je parlais tout bas. C’est l’heure solennelle</p><p>Où l’âme aime à chanter son hymne le plus doux.</p><p>Voyant la nuit si pure, et vous voyant si belle,</p><p>J’ai dit aux astres d’or : Versez le ciel sur elle !</p><p>Et j’ai dit à vos yeux : Versez l’amour sur nous !"</p><p><br></p><p>Victor Hugo,<em> Les Contemplations</em>,&nbsp;1856</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Cornelia lit "Hier au soir" de Victor Hugo.</p><p>"Hier Au Soir</p><p><br></p><p>Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,</p><p>Nous apportait l’odeur des fleurs qui s’ouvrent tard.</p><p>La nuit tombait ; l’oiseau dormait dans l’ombre épaisse.</p><p>Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse ;</p><p>Les astres rayonnaient, moins que votre regard.</p><p><br></p><p>Moi, je parlais tout bas. C’est l’heure solennelle</p><p>Où l’âme aime à chanter son hymne le plus doux.</p><p>Voyant la nuit si pure, et vous voyant si belle,</p><p>J’ai dit aux astres d’or : Versez le ciel sur elle !</p><p>Et j’ai dit à vos yeux : Versez l’amour sur nous !"</p><p><br></p><p>Victor Hugo,<em> Les Contemplations</em>,&nbsp;1856</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Elan mystique", de Louise Ackermann</title>
            <itunes:title>"Elan mystique", de Louise Ackermann</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 13 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Julie récite le poème de Louise Ackermann,&nbsp;<em>Elan mystique.</em></p><p><br></p><p>Alors j’avais quinze ans. Au sein des nuits sans voiles,</p><p>Je m’arrêtais pour voir voyager les étoiles</p><p>Et contemplais trembler, à l’horizon lointain,</p><p>Des flots où leur clarté jouait jusqu’au matin.</p><p>Un immense besoin de divine harmonie</p><p>M’entraînait malgré moi vers la sphère infinie,</p><p>Tant il est vrai qu’ici cet autre astre immortel,</p><p>L’âme, gravite aussi vers un centre éternel.</p><p><br></p><p>Mais, tandis-que la nuit marchait au fond des cieux,</p><p>Des pensers me venaient, graves, silencieux,</p><p>D’avenir large et beau, de grande destinée,</p><p>D’amour à naître encor, de mission donnée,</p><p>Vague image, pour moi, pareille aux flots lointains</p><p>De la brume où nageaient mes regards incertains.</p><p>— Aujourd’hui tout est su&nbsp;; la destinée austère</p><p>N’a plus devant mes yeux d’ombre ni de mystère,</p><p>Et la vie, avant même un lustre révolu,</p><p>Garde à peine un feuillet qui n’ait pas été lu.</p><p>Humble et fragile enfant, cachant en moi ma flamme,</p><p>J’ai tout interrogé dans les choses de l’âme.</p><p>L’amour, d’abord. Jamais, le cœur endolori,</p><p>Je n’ai dit ce beau nom sans en avoir souri.</p><p><br></p><p>Puis j’ai soudé la gloire, autre rêve enchanté,</p><p>Dans l’être d’un moment instinct d’éternité&nbsp;!</p><p>Mais pour moi sur la terre, où l’âme s’est ternie,</p><p>Tout s’imprégnait d’un goût d’amertume infinie.</p><p>Alors, vers le Seigneur me retournant d’effroi,</p><p>Comme un enfant en pleurs, j’osai crier&nbsp;: « Prends-moi&nbsp;!</p><p>Prends-moi, car j’ai besoin, par delà toute chose,</p><p>D’un grand et saint espoir où mon cœur se repose,</p><p>D’une idée où mon âme, à qui l’avenir ment,</p><p>S’enferme et trouve enfin un terme à son tourment. »</p><p><br></p><p>Paris, 1832.</p><p><br></p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Premières poésies, 1871</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Julie récite le poème de Louise Ackermann,&nbsp;<em>Elan mystique.</em></p><p><br></p><p>Alors j’avais quinze ans. Au sein des nuits sans voiles,</p><p>Je m’arrêtais pour voir voyager les étoiles</p><p>Et contemplais trembler, à l’horizon lointain,</p><p>Des flots où leur clarté jouait jusqu’au matin.</p><p>Un immense besoin de divine harmonie</p><p>M’entraînait malgré moi vers la sphère infinie,</p><p>Tant il est vrai qu’ici cet autre astre immortel,</p><p>L’âme, gravite aussi vers un centre éternel.</p><p><br></p><p>Mais, tandis-que la nuit marchait au fond des cieux,</p><p>Des pensers me venaient, graves, silencieux,</p><p>D’avenir large et beau, de grande destinée,</p><p>D’amour à naître encor, de mission donnée,</p><p>Vague image, pour moi, pareille aux flots lointains</p><p>De la brume où nageaient mes regards incertains.</p><p>— Aujourd’hui tout est su&nbsp;; la destinée austère</p><p>N’a plus devant mes yeux d’ombre ni de mystère,</p><p>Et la vie, avant même un lustre révolu,</p><p>Garde à peine un feuillet qui n’ait pas été lu.</p><p>Humble et fragile enfant, cachant en moi ma flamme,</p><p>J’ai tout interrogé dans les choses de l’âme.</p><p>L’amour, d’abord. Jamais, le cœur endolori,</p><p>Je n’ai dit ce beau nom sans en avoir souri.</p><p><br></p><p>Puis j’ai soudé la gloire, autre rêve enchanté,</p><p>Dans l’être d’un moment instinct d’éternité&nbsp;!</p><p>Mais pour moi sur la terre, où l’âme s’est ternie,</p><p>Tout s’imprégnait d’un goût d’amertume infinie.</p><p>Alors, vers le Seigneur me retournant d’effroi,</p><p>Comme un enfant en pleurs, j’osai crier&nbsp;: « Prends-moi&nbsp;!</p><p>Prends-moi, car j’ai besoin, par delà toute chose,</p><p>D’un grand et saint espoir où mon cœur se repose,</p><p>D’une idée où mon âme, à qui l’avenir ment,</p><p>S’enferme et trouve enfin un terme à son tourment. »</p><p><br></p><p>Paris, 1832.</p><p><br></p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Premières poésies, 1871</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"El Desdichado", de Gérard de Nerval</title>
            <itunes:title>"El Desdichado", de Gérard de Nerval</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 12 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Léa récite le poème de Gérard de Nerval,&nbsp;<em>El Desdichado.</em></p><p><br></p><p>Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,</p><p>Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie&nbsp;:</p><p>Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé</p><p>Porte le Soleil noir de la Mélancolie.</p><p><br></p><p>Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,</p><p>Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,</p><p>La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,</p><p>Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.</p><p><br></p><p>Suis-je Amour ou Phébus&nbsp;?… Lusignan ou Biron&nbsp;?</p><p>Mon front est rouge encor du baiser de la Reine&nbsp;;</p><p>J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…</p><p><br></p><p>Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron&nbsp;:</p><p>Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée</p><p>Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.</p><p><br></p><p>Gérard de Nerval</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Léa récite le poème de Gérard de Nerval,&nbsp;<em>El Desdichado.</em></p><p><br></p><p>Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,</p><p>Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie&nbsp;:</p><p>Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé</p><p>Porte le Soleil noir de la Mélancolie.</p><p><br></p><p>Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,</p><p>Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,</p><p>La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,</p><p>Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.</p><p><br></p><p>Suis-je Amour ou Phébus&nbsp;?… Lusignan ou Biron&nbsp;?</p><p>Mon front est rouge encor du baiser de la Reine&nbsp;;</p><p>J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…</p><p><br></p><p>Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron&nbsp;:</p><p>Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée</p><p>Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.</p><p><br></p><p>Gérard de Nerval</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <itunes:keywords>Culture,poésie,Littérature</itunes:keywords>
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            <title>"Bel astre voyageur", de Louise Ackermann</title>
            <itunes:title>"Bel astre voyageur", de Louise Ackermann</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 10 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Diane récite le poème de Louise Ackermann,&nbsp;<em>Bel astre voyageur.</em></p><p><br></p><p>Bel astre voyageur, hôte qui nous arrives</p><p>Des profondeurs du ciel et qu’on n’attendait pas,</p><p>Où vas-tu&nbsp;? Quel dessein pousse vers nous tes pas&nbsp;?</p><p>Toi qui vogues au large en cette mer sans rives,</p><p>Sur ta route, aussi loin que ton regard atteint,</p><p>N’as-tu vu comme ici que douleurs et misères&nbsp;?</p><p>Dans ces mondes épars, dis&nbsp;! avons-nous des frères&nbsp;?</p><p>T’ont-ils chargé pour nous de leur salut lointain&nbsp;?</p><p><br></p><p>Ah&nbsp;! quand tu reviendras, peut-être de la terre</p><p>L’homme aura disparu. Du fond de ce séjour</p><p>Si son œil ne doit pas contempler ton retour,</p><p>Si ce globe épuisé s’est éteint solitaire,</p><p>Dans l’espace infini poursuivant ton chemin,</p><p>Du moins jette au passage, astre errant et rapide,</p><p>Un regard de pitié sur le théâtre vide</p><p>De tant de maux soufferts et du labeur humain.</p><p><br></p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Poésies Philosophiques</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Diane récite le poème de Louise Ackermann,&nbsp;<em>Bel astre voyageur.</em></p><p><br></p><p>Bel astre voyageur, hôte qui nous arrives</p><p>Des profondeurs du ciel et qu’on n’attendait pas,</p><p>Où vas-tu&nbsp;? Quel dessein pousse vers nous tes pas&nbsp;?</p><p>Toi qui vogues au large en cette mer sans rives,</p><p>Sur ta route, aussi loin que ton regard atteint,</p><p>N’as-tu vu comme ici que douleurs et misères&nbsp;?</p><p>Dans ces mondes épars, dis&nbsp;! avons-nous des frères&nbsp;?</p><p>T’ont-ils chargé pour nous de leur salut lointain&nbsp;?</p><p><br></p><p>Ah&nbsp;! quand tu reviendras, peut-être de la terre</p><p>L’homme aura disparu. Du fond de ce séjour</p><p>Si son œil ne doit pas contempler ton retour,</p><p>Si ce globe épuisé s’est éteint solitaire,</p><p>Dans l’espace infini poursuivant ton chemin,</p><p>Du moins jette au passage, astre errant et rapide,</p><p>Un regard de pitié sur le théâtre vide</p><p>De tant de maux soufferts et du labeur humain.</p><p><br></p><p>Louise Ackermann,&nbsp;<em>Poésies Philosophiques</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"L'invitation au voyage", de Charles Baudelaire</title>
            <itunes:title>"L'invitation au voyage", de Charles Baudelaire</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 09 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Hélène récite le poème de Charles Baudelaire,&nbsp;<em>L'invitation au voyage.</em></p><p><br></p><p>Mon enfant, ma sœur,</p><p>Songe à la douceur</p><p>D’aller là-bas vivre ensemble&nbsp;!</p><p>Aimer à loisir,</p><p>Aimer et mourir</p><p>Au pays qui te ressemble&nbsp;!</p><p>Les soleils mouillés</p><p>De ces ciels brouillés</p><p>Pour mon esprit ont les charmes</p><p>Si mystérieux</p><p>De tes traîtres yeux,</p><p>Brillant à travers leurs larmes.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p>Des meubles luisants,</p><p>Polis par les ans,</p><p>Décoreraient notre chambre&nbsp;;</p><p>Les plus rares fleurs</p><p>Mêlant leurs odeurs</p><p>Aux vagues senteurs de l’ambre,</p><p>Les riches plafonds,</p><p>Les miroirs profonds,</p><p>La splendeur orientale,</p><p>Tout y parlerait</p><p>À l’âme en secret</p><p>Sa douce langue natale.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p>Vois sur ces canaux</p><p>Dormir ces vaisseaux</p><p>Dont l’humeur est vagabonde&nbsp;;</p><p>C’est pour assouvir</p><p>Ton moindre désir</p><p>Qu’ils viennent du bout du monde.</p><p>– Les soleils couchants</p><p>Revêtent les champs,</p><p>Les canaux, la ville entière,</p><p>D’hyacinthe et d’or&nbsp;;</p><p>Le monde s’endort</p><p>Dans une chaude lumière.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p><br></p><p>Charles Baudelaire,&nbsp;<em>Les Fleurs du mal</em>&nbsp;(1857)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Hélène récite le poème de Charles Baudelaire,&nbsp;<em>L'invitation au voyage.</em></p><p><br></p><p>Mon enfant, ma sœur,</p><p>Songe à la douceur</p><p>D’aller là-bas vivre ensemble&nbsp;!</p><p>Aimer à loisir,</p><p>Aimer et mourir</p><p>Au pays qui te ressemble&nbsp;!</p><p>Les soleils mouillés</p><p>De ces ciels brouillés</p><p>Pour mon esprit ont les charmes</p><p>Si mystérieux</p><p>De tes traîtres yeux,</p><p>Brillant à travers leurs larmes.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p>Des meubles luisants,</p><p>Polis par les ans,</p><p>Décoreraient notre chambre&nbsp;;</p><p>Les plus rares fleurs</p><p>Mêlant leurs odeurs</p><p>Aux vagues senteurs de l’ambre,</p><p>Les riches plafonds,</p><p>Les miroirs profonds,</p><p>La splendeur orientale,</p><p>Tout y parlerait</p><p>À l’âme en secret</p><p>Sa douce langue natale.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p>Vois sur ces canaux</p><p>Dormir ces vaisseaux</p><p>Dont l’humeur est vagabonde&nbsp;;</p><p>C’est pour assouvir</p><p>Ton moindre désir</p><p>Qu’ils viennent du bout du monde.</p><p>– Les soleils couchants</p><p>Revêtent les champs,</p><p>Les canaux, la ville entière,</p><p>D’hyacinthe et d’or&nbsp;;</p><p>Le monde s’endort</p><p>Dans une chaude lumière.</p><p><br></p><p>Là, tout n’est qu’ordre et beauté,</p><p>Luxe, calme et volupté.</p><p><br></p><p><br></p><p>Charles Baudelaire,&nbsp;<em>Les Fleurs du mal</em>&nbsp;(1857)</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"A Aurore", de George Sand</title>
            <itunes:title>"A Aurore", de George Sand</itunes:title>
            <pubDate>Fri, 06 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Manon récite le poème de George Sand,&nbsp;<em>A Aurore.</em></p><p><br></p><p>La nature est tout ce qu’on voit,</p><p>Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.</p><p>Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,</p><p>Tout ce que l’on sent en soi-même.</p><p><br></p><p>Elle est belle pour qui la voit,</p><p>Elle est bonne à celui qui l’aime,</p><p>Elle est juste quand on y croit</p><p>Et qu’on la respecte en soi-même.</p><p><br></p><p>Regarde le ciel, il te voit,</p><p>Embrasse la terre, elle t’aime.</p><p>La vérité c’est ce qu’on croit</p><p>En la nature c’est toi-même.</p><p><br></p><p>George Sand</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Manon récite le poème de George Sand,&nbsp;<em>A Aurore.</em></p><p><br></p><p>La nature est tout ce qu’on voit,</p><p>Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.</p><p>Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,</p><p>Tout ce que l’on sent en soi-même.</p><p><br></p><p>Elle est belle pour qui la voit,</p><p>Elle est bonne à celui qui l’aime,</p><p>Elle est juste quand on y croit</p><p>Et qu’on la respecte en soi-même.</p><p><br></p><p>Regarde le ciel, il te voit,</p><p>Embrasse la terre, elle t’aime.</p><p>La vérité c’est ce qu’on croit</p><p>En la nature c’est toi-même.</p><p><br></p><p>George Sand</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Andromaque", de Jean Racine</title>
            <itunes:title>"Andromaque", de Jean Racine</itunes:title>
            <pubDate>Thu, 05 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Jean-Marc récite un extrait d'<em>Andromaque</em>,&nbsp;de Jean Racine.</p><p><br></p><p>PYRRHUS </p><p>Madame, demeurez.</p><p>On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez.</p><p>Oui, je sens à regret qu'en excitant vos larmes</p><p>Je ne fais contre moi que vous donner des armes.</p><p>Je croyais apporter plus de haine en ces lieux.</p><p>Mais, Madame, du moins tournez vers moi les yeux</p><p>Voyez si mes regards sont d'un juge sévère,</p><p>S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire.</p><p>Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir ?</p><p>Au nom de votre fils, cessons de nous haïr.</p><p>A le sauver enfin c'est moi qui vous convie.</p><p>Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie ?</p><p>Faut-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux ?</p><p>Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-nous.</p><p>Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes,</p><p>Combien je vais sur moi faire éclater de haines.</p><p>Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,</p><p>Au lieu de ma couronne, un éternel affront.</p><p>Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête</p><p>Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.</p><p>Mais ce n'est plus, Madame, une offre à dédaigner :</p><p>Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.</p><p>Mon coeur, désespéré d'un an d'ingratitude.</p><p>Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.</p><p>C'est craindre, menacer, et gémir trop longtemps.</p><p>Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends</p><p>Songez-y : je vous laisse, et je viendrai vous prendre</p><p>Pour vous mener au temple où ce fils doit m'attendre ;</p><p>Et là vous me verrez, soumis ou furieux,</p><p>Vous couronner, Madame, ou le perdre à vos yeux.</p><p><br></p><p>Jean Racine, <em>Andromaque,</em> Acte 3 scène 7</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Marc récite un extrait d'<em>Andromaque</em>,&nbsp;de Jean Racine.</p><p><br></p><p>PYRRHUS </p><p>Madame, demeurez.</p><p>On peut vous rendre encor ce fils que vous pleurez.</p><p>Oui, je sens à regret qu'en excitant vos larmes</p><p>Je ne fais contre moi que vous donner des armes.</p><p>Je croyais apporter plus de haine en ces lieux.</p><p>Mais, Madame, du moins tournez vers moi les yeux</p><p>Voyez si mes regards sont d'un juge sévère,</p><p>S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire.</p><p>Pourquoi me forcez-vous vous-même à vous trahir ?</p><p>Au nom de votre fils, cessons de nous haïr.</p><p>A le sauver enfin c'est moi qui vous convie.</p><p>Faut-il que mes soupirs vous demandent sa vie ?</p><p>Faut-il qu'en sa faveur j'embrasse vos genoux ?</p><p>Pour la dernière fois, sauvez-le, sauvez-nous.</p><p>Je sais de quels serments je romps pour vous les chaînes,</p><p>Combien je vais sur moi faire éclater de haines.</p><p>Je renvoie Hermione, et je mets sur son front,</p><p>Au lieu de ma couronne, un éternel affront.</p><p>Je vous conduis au temple où son hymen s'apprête</p><p>Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tête.</p><p>Mais ce n'est plus, Madame, une offre à dédaigner :</p><p>Je vous le dis, il faut ou périr ou régner.</p><p>Mon coeur, désespéré d'un an d'ingratitude.</p><p>Ne peut plus de son sort souffrir l'incertitude.</p><p>C'est craindre, menacer, et gémir trop longtemps.</p><p>Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends</p><p>Songez-y : je vous laisse, et je viendrai vous prendre</p><p>Pour vous mener au temple où ce fils doit m'attendre ;</p><p>Et là vous me verrez, soumis ou furieux,</p><p>Vous couronner, Madame, ou le perdre à vos yeux.</p><p><br></p><p>Jean Racine, <em>Andromaque,</em> Acte 3 scène 7</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Ô longs désirs, ô espérances vaines", de Louise Labé</title>
            <itunes:title>"Ô longs désirs, ô espérances vaines", de Louise Labé</itunes:title>
            <pubDate>Wed, 04 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Alexiane récite le poème de Louise Labé,&nbsp;<em>Ô longs désirs, ô espérances vaines.</em></p><p><br></p><p>Ô longs désirs, ô espérances vaines,</p><p>Tristes soupirs et larmes coutumières</p><p>A engendrer de moi maintes rivières,</p><p>Dont mes deux yeux sont sources et fontaines&nbsp;!</p><p><br></p><p>Ô cruautés, ô durtés inhumaines,</p><p>Piteux regards des célestes lumières,</p><p>Du coeur transi ô passions premières,</p><p>Estimez-vous croître encore mes peines&nbsp;?</p><p><br></p><p>Qu’encor Amour sur moi son arc essaie,</p><p>Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards,</p><p>Qu’il se dépite, et pis qu’il pourra fasse&nbsp;:</p><p><br></p><p>Car je suis tant navrée en toutes parts</p><p>Que plus en moi une nouvelle plaie,</p><p>Pour m’empirer, ne pourrait trouver place.</p><p><br></p><p>Louise Labé,&nbsp;<em>Sonnets</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Alexiane récite le poème de Louise Labé,&nbsp;<em>Ô longs désirs, ô espérances vaines.</em></p><p><br></p><p>Ô longs désirs, ô espérances vaines,</p><p>Tristes soupirs et larmes coutumières</p><p>A engendrer de moi maintes rivières,</p><p>Dont mes deux yeux sont sources et fontaines&nbsp;!</p><p><br></p><p>Ô cruautés, ô durtés inhumaines,</p><p>Piteux regards des célestes lumières,</p><p>Du coeur transi ô passions premières,</p><p>Estimez-vous croître encore mes peines&nbsp;?</p><p><br></p><p>Qu’encor Amour sur moi son arc essaie,</p><p>Que nouveaux feux me jette et nouveaux dards,</p><p>Qu’il se dépite, et pis qu’il pourra fasse&nbsp;:</p><p><br></p><p>Car je suis tant navrée en toutes parts</p><p>Que plus en moi une nouvelle plaie,</p><p>Pour m’empirer, ne pourrait trouver place.</p><p><br></p><p>Louise Labé,&nbsp;<em>Sonnets</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Vers d'amour", de Renée Vivien</title>
            <itunes:title>"Vers d'amour", de Renée Vivien</itunes:title>
            <pubDate>Tue, 03 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Anne récite le poème de Renée Vivien, <em>Vers d'amour.</em></p><p><br></p><p>Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,</p><p>O Joie inespérée au fond des solitudes&nbsp;!</p><p>Ton baiser est pareil à la saveur des fruits</p><p>Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes</p><p>Murmurés par la mer à la beauté des nuits.</p><p><br></p><p>Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,</p><p>Les serments éternels et les aveux d’amour,</p><p>Tu sembles évoquer la craintive caresse</p><p>Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour</p><p>Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.</p><p><br></p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Cendres et Poussières, 1902</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Anne récite le poème de Renée Vivien, <em>Vers d'amour.</em></p><p><br></p><p>Tu gardes dans tes yeux la volupté des nuits,</p><p>O Joie inespérée au fond des solitudes&nbsp;!</p><p>Ton baiser est pareil à la saveur des fruits</p><p>Et ta voix fait songer aux merveilleux préludes</p><p>Murmurés par la mer à la beauté des nuits.</p><p><br></p><p>Tu portes sur ton front la langueur et l’ivresse,</p><p>Les serments éternels et les aveux d’amour,</p><p>Tu sembles évoquer la craintive caresse</p><p>Dont l’ardeur se dérobe à la clarté du jour</p><p>Et qui te laisse au front la langueur et l’ivresse.</p><p><br></p><p>Renée Vivien,&nbsp;<em>Cendres et Poussières, 1902</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>"Le Pont Mirabeau", de Guillaume Apollinaire</title>
            <itunes:title>"Le Pont Mirabeau", de Guillaume Apollinaire</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 02 Jan 2023 05:00:00 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>Laurène récite le poème de Guillaume Apollinaire, <em>Le pont Mirabeau.</em></p><p><br></p><p>Sous le pont Mirabeau coule la Seine</p><p>Et nos amours</p><p>Faut-il qu’il m’en souvienne</p><p>La joie venait toujours après la peine</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Les mains dans les mains restons face à face</p><p>Tandis que sous</p><p>Le pont de nos bras passe</p><p>Des éternels regards l’onde si lasse</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>L’amour s’en va comme cette eau courante</p><p>L’amour s’en va</p><p>Comme la vie est lente</p><p>Et comme l’Espérance est violente</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Passent les jours et passent les semaines</p><p>Ni temps passé</p><p>Ni les amours reviennent</p><p>Sous le pont Mirabeau coule la Seine</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire,&nbsp;<em>Alcools, 1913</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>Laurène récite le poème de Guillaume Apollinaire, <em>Le pont Mirabeau.</em></p><p><br></p><p>Sous le pont Mirabeau coule la Seine</p><p>Et nos amours</p><p>Faut-il qu’il m’en souvienne</p><p>La joie venait toujours après la peine</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Les mains dans les mains restons face à face</p><p>Tandis que sous</p><p>Le pont de nos bras passe</p><p>Des éternels regards l’onde si lasse</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>L’amour s’en va comme cette eau courante</p><p>L’amour s’en va</p><p>Comme la vie est lente</p><p>Et comme l’Espérance est violente</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Passent les jours et passent les semaines</p><p>Ni temps passé</p><p>Ni les amours reviennent</p><p>Sous le pont Mirabeau coule la Seine</p><p><br></p><p>Vienne la nuit sonne l’heure</p><p>Les jours s’en vont je demeure</p><p><br></p><p>Guillaume Apollinaire,&nbsp;<em>Alcools, 1913</em></p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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            <title>Un jour, un poème : votre nouvel instant poétique quotidien, à partir du 2 janvier !</title>
            <itunes:title>Un jour, un poème : votre nouvel instant poétique quotidien, à partir du 2 janvier !</itunes:title>
            <pubDate>Mon, 12 Dec 2022 09:40:58 GMT</pubDate>
            <description><![CDATA[<p>A partir du 2 janvier, découvrez Un Jour, un poème : le premier podcast quotidien de poésie. Du classique au moderne, du connu au méconnu, un poème chaque jour pour commencer la journée. Par Prisma Audio.</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></description>
            <content:encoded><![CDATA[<p>A partir du 2 janvier, découvrez Un Jour, un poème : le premier podcast quotidien de poésie. Du classique au moderne, du connu au méconnu, un poème chaque jour pour commencer la journée. Par Prisma Audio.</p><p> <br />Hébergé par Audion. Visitez <a href="https://www.audion.fm/fr/privacy-policy" rel="noopener noreferrer" target="_blank">https://www.audion.fm/fr/privacy-policy</a> pour plus d’informations.</p>]]></content:encoded>
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